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CHAPITRE XXVI

l'examen de conscience

Les femmes mondaines passent des heures à se regarder au miroir ; une ame qui tend à la perfection , ne doit-elle pas, deux fois par jour au moins , voir les taches qui peuvent la défigurer aux yeux de Dieu ? Ne sait-elle pas que rien de souillé n'entrera dans le ciel ? Elle aura donc à cœur de connaître et d'effacer, par l'examen, les souillures qu'elle peut contracter. L'examen est une pratique si importante que , dans certaines communautés religieuses, on n'en dispense jamais ceux mêmes qu'on a de sérieuses raisons de dispenser de l'oraison ou de la lecture.

Il y a l'examen de prévoyance qu'il est bon de faire après la méditation du matin. On voit d'avance le bien qu'on aura à faire , les occasions qu'on rencontrera de tomber dans quelque défaut; et on détermine d'avance, et avec des détails précis,lamanière dontonferalebien, dont on évitera ce défaut. Et l'occasion étant venue de mettre à exécution ce que l'on s'est promis le matin, on renouvelle et on exécute ses résolutions.

Il y a l'examen particuliei^ qui se fait ordinairement au milieu du jour, et qui porte sur la manière dont on s'acquitte de tel devoir grave, de tel exercice important , dont on pratique telle vertu que l'on veut acquérir, ou dont on tombe dans tel défaut dominant.

Il y a enfin l'examen général qui se fait le soir avant d'aller prendre son repos. Saint François

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de Sales dit, qu'il faut aller au lit comme au confessionnal, après s'être examiné. Les marchands comptent tous les soirs leurs bénéfices ou leurs pertes : l'âme qui veut gagner le ciel, ne doit-elle pas en faire autant, et compter chaque soir toutes les fautes qu'elle a faites, afin de les réparer ?

Stanislas, roi de Pologne et duc de Lorraine, le père de Marie Lecksinska, avait écrit de sa main ces résolutions : « Je jetterai un coup d'œil le matin sur les affaires que j'aurai à traiter durant la journée. Je réfléchirai sur ce que j'aurai à faire, et plus encore sur ce que j'aurai à éviter. Le soir, j'aurai soin de me tourner vers Dieu, de lui demander les lumières nécessaires pour reconnaître mes fautes, d'en faire tous les jours la recherche par un examen, de lui en demander pardon et de l'ormerla résolution de les éviter. »

Mstnière de faire l examen. Cette méthode s'applique également à l'examen particulier sur une vertu ou un défaut, et à l'examen général du soir.

On se met d'abord en présence de Dieu et on lui demande sa grâce pour connaître ses fautes, les détester et les éviter ; puis, on s'examine soigneusement. Dans l'examen particulier, on ne le fait que sur un point ; on marque ses fautes en faisant autant de nœuds à une corde, ou au moyen de quelques grains de chapelet ; et si le nombre des fautes du jour est plus grand ou aussi grand que celui de la veille, on s'impose une pénitence, comme de se donner la discipline, de dire cinq Pater et Ave les bras en croix, etc. Le B. Louis de Grenade parle d'un religieux qui se corrigea ainsi d'un défaut invétéré.

Saint Ignace faisait cet examen à toutes les heures du jour, et il y persévéra jusqu'à la fin; le jour même de sa mort, il avait encore noté ses manquements sur un petit cahier.

Marceau, lieutenant de vaisseau, une fois converti , déclara une rude guerre à la colère qui était son défaut dominant. Il notait tous les jours ses victoires et ses défaites; et l'on vit cet homme, qui avait fait la terreur des matelots, un jour que son équipage était en révolte, aller passer une heure dans le port devant le Saint-Sacrement, et revenir ensuite. Le calme était rétabli.

Enfin on s'excite à la contrition, c'est le principal. Malheur à l'âme qui n'éprouve aucun déplaisir, quand elle a offensé Dieu ! Et celle qui n'a aucun regret des fautes légères, en vient facilement à tomber dans des fautes graves. On s'excite au ferme propos de se corriger : ce qui importe au moins autant que de s'exciter à la contrition. On s'imagine ensuite, comme le conseille saint Léonard, qu'on se confesse à Notre-Seigneur, qu'on en reçoit l'absolution, et on s'impose soi-même la pénitence.

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