‹ L'Etat religieuxChapitre 83 sur 98 · LA DIRECTION · texte numérisé non relu

LA DIRECTION

rai était coupable, au Saint-Siège lui-même. Le seul confesseur ordinaire ou extraordinaire peut permettre ou défendre les communions ; il peut les permettre plus souvent que ne le prescrivent des règles même approuvées ; et s'il les permet plus souvent que ne le veut la règle, le religieux qui a obtenu cette permission doit en avertir son supérieur qui , s'il a des raisons sérieuses de s'y opposer, ne peut que faire ses observations au confesseur, et s'en tenir absolument à son jugement. Le supérieur ne peut défendre la communion que dans le cas où un inférieur , depuis sa dernière confession, aurait donné un scandale à la communauté ou commis une faute extérieure grave, jusqu'à ce qu'il se soit denouveau confessé. Ce décret doit être introduit, en langue vulgaire dans les constitutions des instituts qu'il concerne , et lu au moins une fois chaque année dans chaque maison.

Dans les communautés qui ne sont pas purement laïques , et où le compte de conscience est prescrit par une règle approuvée du Saint-Siège, l'obligation de le rendre n'est pas supprimée. Et qu'on le remarque bien, là même, où il n'est pas obligatoire , il est clair qu'il fjeut être pratiqué spontanément avec grand fruit. Il est si bon de dire ses peines à un père, aune mère en religion.

Il est manifeste que les supérieurs qui recueillent ainsi l'aveu de fautes secrètes, doivent garder ensuite sur ces confidences un rigoureux secret.

« De fait, dit sainte Chantai, si une supérieure manquait de fidélité au secret , elle ne serait pas digne d'être mère , et donnerait sujet aux sœurs de quitter la confiance de se découvrir à elle. Dieu nous garde d'avoir jamais des Mères qui pèchent en cette occasion, ni des sœurs qui tombent

en ombrage et en soupçon de ce côté-là , sur de vaines appréhensions. »

Les supérieures n'ont paslepouvoir de défendre à leurs inférieures d'aller voir leur confesseur, en dehors des jours fixés.

Ces principes étant posés, il faut que les religieux sachent bien qu'ils ne peuvent pas se passer de direction. C'est le sentiment de tous les maîtres de la vie spirituelle. Celui qui se conduit lui-même, dit saint Bernard, se confie à un guide insensé.

« Le vaisseau sans pilote voit son mât renversé, dit saint Athanase ; les flots le jettent çà et là jusqu'à ce qu'il aille se briser contre les écueils. » C'est l'image de l'âme qui n'a personne pour la conduire. « Celle au contraire qui a un guide sûr est semblable à une vigne féconde que le jardinier arrose et émonde avec soin et qui porte en son temps d'excellents fruits, » dit le même Père. Que d'^cueils évités quand on est conduit comme par la main, que de chagrins adoucis, que de tentations facilement surmontées, que de vertus pratiquées, que d'actes d'obéissance surtout ! et celui qui obéit est sûr de faire la volonté de Dieu.

Choisissez un directeur entre mille , dit saint François de Sales, et même entre dix mille. Si on ne le peut, il faut aller avec confiance à celui que la Providence nous a ménagé, à moins qu'on n'ait des raisons de faire autrement. « Un religieux, dit saint Liguori , qui n'a pas de directeur particulier , ne peut errer en se laissant diriger par le confesseur ordinaire, bien qu'il change de temps en temps. Quand il arrive un nouveau confesseur, il suffît qu'on lui donne une connaissance géné-J raie de sa conscience et qu'on se place ainsi sous' sa direction. Pour qui désire véritablement se

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