LA DIRECTION
sanctifier, et ne veut que Dieu , tout confesseur désigné par le prélat est bon. » Il est des âmes qui voudraient un directeur en renom , non certes que leur état de conscience, fort vulgaire d'ailleurs , l'exige ; mais afin de pouvoir en tirer vanité. D'autres, cherchent dans ce choix à se satisfaire : Fénelon leur dit : « Le directeur ne nous sert guère à nous détacher de notre propre sens, quand ce n'est que par notre propre sens que nous tenons àlui. La direction n'est point un commerce où il doive entrer rien d'humain, quelque innocent et régulier qu'il soit, c'est une conduite de pure foi, toute de grâce et de mort à soi-même. » L'illustre prélat recommande ensuite de ne pas avoir plusieurs directeurs et de ne pas les changer sans de vraies raisons , car ces changements ou mélanges produisent une incertitude dangereuse. Il arrive même que quand on a tant de différents conseils, on ne suit que le sien propre, par la nécessité où on se trouve de choisir entre ceux que l'on a reçus d'autrui.
Si le directeur est ferme dans ses remontrances, dit saint Liguori, c'est une raison non de le quitter; mais de ne jamais s'éloigner de sa direction. Il n'y a pas de plus mauvais confesseur que celui qui reprend peu ; car il habitue par là les âmes à regarder leurs fautes comme de peu d'importance.
Saint François de Sales ajoute : Le directeur doit être un ange pour vous, c'est-à-dire que vous ne devez plus le considérer comme un homme ordinaire; (mais vous devez lui obéir comme à Jésus-Christ dont il tient la place). Ne mettez votre confiance en lui que par rapport à Dieu qui vous conduira par son saint ministère, en lui mettant dans le cœur et dans la bouche les sentiments et les paroles nécessaires à votre conduite.
« Ajoutez à la confiance (envers votre guide spirituel), continue saint François de Sales, une fidèle sincérité, traitant avec lui à cœur ouvert, et lui découvrant fidèlement le bien et le mal qui sont à vous ; le bien en sera plus sûr et le mal plus court ; votre âme en sera plus forte dans ses peines et plus modérée dans ses consolations. Joignez un religieux respect à la confiance, et dans un juste tempérament, que la vénération ne diminue point la confiance, et que la confiance ne fasse rien perdre du respect ; confiez-vous en lui avec le respect d'une fille envers son père, et respectez-le avec la confiance d'un fils envers sa mère. »
Dans une lettre à la vierge Félicie, saint Augustin écrivait : « Les bons pasteurs ne cherchent point leurs intérêts, mais ceux de Jésus-Christ ; et les brebis fidèles, tout en imitant avec soin les vertus de leurs bons pasteurs, ne mettent point leur espérance en ceux qui les réunissent sous leur houlette, mais en Celui-là seul qui les a rachetées par son sang ; afin que s'il leur arrivait de tomber entre les mains de mercenaires, prêchant la doctrine du Sauveur sans la mettre en pratique, elles n'eussent pas de peine à faire ce qu'ils commandent, et à éviter ce qu'ils feraient eux-mêmes. C'est donc en Jésus-Christ seul, continue ce Père, que vous devez placer votre espérance. En lui confiant votre cœur, le trésor de votre virginité, votre foi, votre espérance, votre amour, vous ne serez point ébranlée par les scandales qui abonderont jusqu'à la fin. »
La direction des personnes du sexe doit se faire au saint tribunal, ou pour de bonnes raisons, par lettres. Mais qu'on évite les entrevues entête à tête qui exposent aux blâmes.
Personne plus que les religieuses ne doit être