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RETRAITE DU MOIS ET PRÉPARATION A LA MORT

Choisissez, dit saint Léonard de Port-Maurice aux âmes religieuses, choisissez chaque mois un jour, celui où vous êtes le plus dégagée de toute occupation, et consacrez-le tout entier à faire l'important apprentissage de la mort. Retirezvous dans votre cellule, et ne craignez pas de vivre en ermite pendant ce jour, en le passant dans la solitude et le silence le plus parfait. Préparez d'abord la confession. Elle devra se faire comme si c'était la dernière de votre vie. Vous vous exciterez donc à une douleur extraordinaire de vos péchés, vous figurant que vous devez incessamment paraître devant le tribunal de Dieu ; et vous formerez le ferme propos de vous amender sérieusement surtout de votre péché et défaut dominant.

Vous apporterez une préparation extraordinaire à la communion, comme si vous communiez en viatique. Vous adorerez Notre-Seigneur, lui offrant votre vie et protestant que vous êtes prêt à en faire le sacrifice, quand il lui plaira, pourvu qu'il daigne vous assister dans ce grand passage.

Dans 1 oraison du matin, vous vous représenterez aussi vivement que possible l'état où vous vous trouverez au moment de votre mort, déjà abandonné des médecins et sur le point de rendre le dernier soupir. Vous diviserez cette médi-

tation en trois points; vous considérerez ce que, à l'article de la mort, vous voudriez avoir fait : envers Dieu, envers le prochain, envers vous-même. Puis, mêlant aux actes de contrition des propos effîcaces de vous amender, vous terminerez en demandant la grâce de vivre à l'avenir avec autant de ferveur, que si chaque jour devait être le dernier de votre vie.

Dans l'oraison du soir, vous méditerez les cinq motifs qui sont les plus propres à nous faire accepter de bon cœur le coup de la mort; c'est une loi universelle dont le Fils de Dieu n'a pas voulu se dispenser; il est souverainement juste que celui qui, tant de fois, s'est révolté contre Dieu, soit condamné à mort; celui-là est indigne de vivre qui a fait un mauvais usage de la vie ; l'amour de Dieu doit nous faire désirer d'aller jouir de lui; la résignation au bon plaisir de Dieu doit nous faire accepter la mort, dès qu'il lui plaira de nous l'envoyer.

Le reste du temps, visitez plusieurs fois le Saint-Sacrement; employez-le à des lectures spirituelles, repassez les résolutions que vous avez déjà prises pour avancer dans la perfection. Le soir, avant d'aller prendre votre repos, pour couronner une si sainte journée, vous ferez l'acte d'acceptation de la mort, disant à Dieu : Mon Dieu, mon cœur est prêt, je remets mon âme entre vos mains; ô Marie, priez pour moi, maintenant et à l'heure de ma mort; saint Joseph, inon ange gardien, mes saints patrons, ne m'abandonnez pas. Oh! que vous retirerez de profit de cette sainte retraite, » dit saint Léonard !

Quand le grand OConnel, le libérateur de l'Irlande, se dirigeait vers Rome où il voulait mourir, il fut arrêté à Gênes par la maladie qui le conduisit au tombeau. Il avait entre les mains

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