‹ L'état socialiste;Chapitre 13 sur 121 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

cratie politique. Wilhelm Liebknecht lui-même Ta affirmé (*). L'indifférence en matière de forme politiqiie^n'est pas en réalité la tradition so.cialiste. On voit bien l'intérêt politique qu'il peut y avoir à endormir dans les pays monarchiques les défiances du pouvoir établi, en simulant une telle indifférence. Mais il est douteux que le pouvoir se laisse prendre à cette ruse Fabienne. Anton Menger appelle à la rescousse des arguments ethnographiques. Il i*essuscite la vieille et factice antithèse établie par les juristes romantiques entre l'esprit latin et l'esprit germanique. Les Latins- seraient doués du talent révolutionnaire et enclins à faire prévaloir des thèses politiques. Mais la force et la passion révolutionnaire des Germains serait faible, et ainsi un prolétariat allemand, même victorieux, réaliserait l'État populaire du travail sans briser la forme monarchique (livre III, chap. m). Nous ne croyons pas à cette différence de tempérament. JNous croyons à des diff*érences de culture. Il y a eu un temps où la diplomatie de Louis XIV reprochait au peuple anglais d'être turbulent, inconstant, dénué d'esprit de suite, et passionné de nouveautés politiques. Ce sont les reproches mêmes qu'on a faits à la démocratie française au xix^ siècle. En fait, ce sont les Révolutions anglaises qui ont servi de modèle à celle de 1789; et la Déclaration des Droits, autant que la forme républicaine, nous vient d'Amérique, c'est-àdire d'un peuple germanique (*). La France n'a ajouté à cet emprunt anglo-saxon qu'un instrument

(M W. Liebkoechl, Was die Sozialdemokraten sind und icas sie woUen, 1870. 2* éd., 1894.

Page 1