‹ L'état socialiste;Chapitre 14 sur 121 · INTRODUCTION XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIX

pins parfait de consultation populaire, le suffrage universel. Si la souveraineté est vraiment ce que dit Anton Menger, « la puissance de fait prédominante », le « pouvoir d'imposer à l'État une volonté même contrairement au droit existant » (livre III, chap. Il), il est douteux qu'une démocratie allemande victorieuse se prive, par respect des choses établies, de l'exercice de sa souveraineté jusqu'à laisser subsister de nom un pouvoir hostile au sien. Ce temps est loin, mais il peut venir. Der Tag wird kommen ! chantait le poète Herwegh.

Le système de Menger propose d'édifier sur une solide assise sociale le futur pouvoir politique du peuple, qui sera réel, quand même il laisserait debout les apparences périmées du pouvoir ancien. En cela Menger est moins anti-marxiste qu'il ne pense. Peut-être la valeur de son livre consistet-elle surtout dans cet effort pour prévoir le droit socialiste futur, et dans les essais de codification à venir il faudra tenir le plus grand compte de cet essai de reconstiniction, comme aussi bien les nouveaux codes civils de l'Empire allemand et de la République helvétique ont tenu compte grandement des critiques formulées par Menger contre le présent droit civil. Il serait à souhaiter qu'un juriste français soumît notre code, tout encombré encore

(*) Voir Jellinek, Das Rechh des modernen Staates, t. I p. 473 sq. (1900).

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