‹ L'état socialiste;Chapitre 15 sur 121 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

d'un droit barbare, à une étude critique aussi attentive que celle, entreprise par Mengor, du code civil allemand au temps où il était encore en projet (*).

L'un des traits qui s'accusent le mieux dans les essais actuels de refonte démocratique du droit, c'est qu'ils tendent à eftacer la vieille distinction entre le droit public et le droit privé. Le droit présent repose sur la fiction d'une antithèse existante entre l'intérêt des particuliers et le salut public. Mais une telle antinotnie ne se conçoit que dans les États où une minorité gère, dans son intérêt propre, confondu sciemment ou non avec Tintcrêt public, les affaires de l'État. Dans une démocratie, le salut public se définit une conciliation rationnelle des intérêts de tous. Le conflit des intérêts individuels et des intérêts publics n'est plus possible. La gestion des affaires publiques laisse à chacun comme un dividende d'avantages, proportionné à ses charges, et qui augmente par la collaboration dévouée de tous les membres de la collectivité. Il reste à savoir si, théoriquement, il faut assimiler le gouvernement d'une collectivité nationale à la gestion d'une compagnie par actions, et absorber le droit public dans le droit privé, comme fait le radicalisme français contemporain enclin au socialisme (^). Ou bien s'il faut dire que la pensée et le pouvoir de la collectivité doivent incessamment contrôler la conduite économique et juridique de chacun. En sorte que les moindres actes, aujourd'hui justiciables du droit

(M Anton Menger, Das hurgerliche Rechl und die besUzlosen Volksklassen^ 1890.

(2) Léon Bourgeois, Op. cit.

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