INTRODUCTION XXXV
Il ne faudrait pas se hâter de faire à Anton Menger le reproche de boreaucratisme. Menger connaît et signale le danger de la centralisation bureaucratique (livre IV,chap. iii).Il croit seulement que rÉtat « ne se débarrassera pas de sitôt des formes bureaucratiques et militaires de son administration » (livre IV, chap. v). L'un des objets essentiels de la politique socialiste sera d'empêcher le paternalisme économique des autorités centrales. C'est à quoi Ton obviera en accordant aux communes un pouvoir politique très grand, sans pour cela en venir jusqu'au fédéralisme politique préconisé par les hommes de la Commune de 187 1 (livre IV, chap. III, iv). Et rien à coup sûr n'est plus judicieux. Il peut être question, par une entente graduelle des États actuels qui s'étendrait d'abord à des objets limités, pour s'étendre peu à peu à toute leur vie politique, de constituer des groupements mieux organisés et plus vastes que les nations du temps présent. On ne saurait envisager le retour au fédéralisme communal du moyen-âge.
Toutefois, les organes que Menger destine à maintenir l'unité de la nation ne sont peut-être pas les plus propres à y développer l'esprit démocratique. Nous avons déjà vu qu'il prévoit une fusion des autorités de police et des autorités judiciaires. Il développe infiniment aussi la force et la compétence des autorités économiques. Mais toutes les autorités sans distinction seraient désormais de l'ordre administratif, avec cette différence seulement que les unes sont préposées à Y ordre matériel et les autres à la gestion économique. Il veut cette hiérarchie fonctionnariste très forte, non pas avec une arrière-