INTRODUCTION III
de la' pensée individuelle, et ce qui agit sur les foules, est la pensée qui formule en observations précises et en raisonnements clairs Tenchalnement des eauses sociales et des effets sociaux, la multiplicité des besoins et des tendances dont Tcnseniblc n'est perceptible à la conscience vulgaire que par un obscur et impérieux sentiment.
Cette conception d'une science sociale qui ne prétendrait pas régenter le mouvement social, mais qui se saurait issue de lui, et qui serait la centralisation seulement des informations que recueille ellemême la démocratie mouvante, et comme le service de renseignements de cette armée en marche, a été très présente à la pensée d'Anton Menger. C'est pourquoi il a abordé sa tâche immense avec un esprit modeste. Pour prévoir les formes possibles du régime socialiste, il n'a compté, dit-il, que sur les mol>iles les plus connus de l'âme humaine, et i*on pas sur une régénération intégrale de la moralité publique. Il croit que l'État et le droit nouveaux ne se réaliseront que par une transformation lente de l'État et du droit existants. Et il n'a proposé, pour cette transformation, que des moyens déjà éprouvés parla pratique sociale et politique des siècles passés. Rien n'est plus propre à nous convaincre, comme il le dit, que, la « transformation socialiste ne pose pas à l'humanité un problème sans analogue ». Les hommes ont connu des difficultés aussi graves ; et la science historique sait assez bien comment ils en sont sortis. Ils sortiront de même des difficultés du problème social.