VI INTRODUCTION
droit arriéré et une contrainte qui pèse sur lui et lui impose des. formes de transaction, de production et de répartition nuisibles. Ce qui met fin à cette contrainte, c'esf~alors souvent un soulèvement provoqué par la souflrance. Mais ce soulèvement est encolle de la force opposée à la force, et les conflits de la force brutale ne font pas partie de la vie économique. Quand ce ne serait que pour cette raison, llnterprétation économique de l'histoire ne suffît pas, dit Menger, pour rendre compte même d'une révolution issue de la détresse matérielle.
11 faut approuver cette manière de penser.
Cependant il faut immédiatement objecter à Menger que le marxisme n'est pas l'interprétation économique de l'histoire (*). En particulier, Marx a reconnu nettement le rôle de la force. Les exemples abondent dans le Capital qui en décrivent les manifestations brutales, comme l'expulsion des paysans écossais par les landlords usurpateurs, ou hypocrites, et comme les mesures légales prises contre les ouvriers anglais durant deux siècles. Il est seulement vrai que le marxisme est indécis sur la question de savoir si la force est un facteur d'importance secondaire ou primaire. Il est arrivé à Marx lui-même d'écrire : Die Gavait ist eine okonomische Potenz (*). Si obscure que soit la formule, on aperçoit bien qu'elle veut dire que la force est dans une dépendance plus ou moins directe du
(I) Les différences onl été marqiiét's plusieurs fols, et d'une façon p'irticulièrement nette dans Antonio Labriola, E<sai sur la conception matériaiisle de L'histoire^ p. 169 sq ,1897, et dans Benedelto Croce, Materialisnw storico ed economia marxistica,