LE RÉGIME DES OBLIGATIONS
Il n'est peut-être rien qui soit plus contraire à une vie sociale yraiment démocratique que notre régime des obligations, et en particulier le régime des contrats aujouixi'hui en vigueur. D'après le régime des contrats que Ton trouve dans les codes civils de toutes les nations, le patron a le droit de placer son ouvrier, en le congédiant, dans l'incertitude de savoir s'il pourra continuer de vivre, le propriétaire peut le mettre à la rue, lui et sa famille, même s'il n'est pas en mesure de ti'ouverun autre abri, et de même le prolétaire est abandonné, sans que la loi fixe efficacement aucune limite, à l'exploitation arbitraire du petit commerçant et de l'usurier. Maintes dispositions de ce régime des contrats ne sont que l'expression historique de l'ancienne toute-puissance des classes possédantes, mais elles sont pour la majeure part des conséquences nécessaires du régime de propriété en vigueur. Aussi s'explique-t-on aisément que bien des riches regardent les pauvres avec mépris : c'est qu'ils se sentent libres des mille chaînes invisibles qui entravent le prolétaire dans toutes ses démarches.
C'est avec cette matière humaine façonnée à tant