‹ L'état socialiste;Chapitre 8 sur 121 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

d'échange, aux hommes qui manquent initialement de patrimoine. Le prolétaire mène une existence traquée de bête, à qui des ennemis de toute sorte dis* putent le gîte et la pâture (liv. II, ch. ix). A la première exigence déplaisante, le patron renvoie l'ouvrier; le propriétaire l'expulse de sa maison; la fraude du petit commerçant, l'usure le guettent sous mille formes. Un code pénal, qui sanctionne toutes les formes usuelles de l'exploitation, mais punit de peines dures les moindres atteintes à la propriété légale, c'est-à-dire fondée sur la force, consolide le régime établi de spoliation (liv II, ch. xv). Il s'est formé ainsi dans chaque nation une organisation de droit qui permet à une minorité privilégiée de prélever une dîme sur le travail national. Cette organisation se défend, comme elle se fonde, par la force. L'institution armée qui sert à la défendre s'appelle l'État; et l'État présentement n'a pas encore d'autre but que d'assurer la défense des privilèges existants (liv. I, ch. vu ; liv. III, ch. ii). Ce qu'on appelle la fin de VÉtat n'est que la dii^ction prescrite à son activité par les intérêts de cette minorité. Il en est ainsi en tous pays, et la majorité n'a même pas le choix de sa servitude, car les citoyens d'un État ne sont libres de changer de nationalité que s'ils tranchent tous les liens qui les rattachent à la terre natale. L'État étend sa souveraineté sur toutes les terres qu'il a le pouvoir d'annexer ; il ne consulte pas la population annexée. Il n'appartient aux citoyens d'aucune ville et d'aucun arrondissement de se détacher, eux et la terre qu'ils habitent, de la nationalité traditionnelle ou imposée. Cette sécession leur serait imputée à crime par la

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