INTRODUCTION IX
majorité, on p^r les privilégiés qui gèrent TÉtat en son nom: et elle serait punie d'un châtiment sanglant.
Il est donc vrai que tout notre droit public et privé n'est qu un échafaudage de force. Mais les Saint-Simoniens l'avaient déjà «lit et, après eux, Rodbertus et Lassalle (liv. I, ch. vu). Il se peut que Ton cherche noise à Anton Menger à propos de ce retour à la tradition prémai*xiste. De certains indices font penser que la querelle qui a divisé Engels et Dûhring sera peut-être réveillée à propos de ce livre (*). Elle se réveillerait mal à propos, comme elle a été à tort suscitée par Engels lui-même autrefois, contre un adversaire à vrai dire peu scientifiquement armé, mais qui avait eu un sentiment très juste de la tradition socialiste. Il ne peut être question de poser le problème dans les termes puérils que Frédéric Engels, par une utilisation trop facile des gaucheries de Dûhring, avait choisis. Il n'est pas douteux qu'un peuple civilisé, muni d'un puissant outillage industriel, qui lui permet de construire des engins de guerre savants, n'ait aisément raison de peuples barbares racme plus nombreux et mieux musclés ; et cette supériorité lui vient de ce que sa force musculaire s'accroît de la force des agents physiques qu'il a su s'asservir au cours de son développement économique. Mais, dans un temps où les méthodes de production se
(1) Nous ne parlerons ici que des polémistes qui ont produit des arguments scientifiques, et non pas des virtuoses de i*injiire. Oq lira avec fruit l'article de Paul Ksim\;iiXmeyer, Voni Einfluss des Staates auf das Wirtschaftsleben (Sozialistische Monaishefte, Juillet 1903).