L'ÉTER^ELLE UTOPIE
soulever les mineurs elles paysans, jusqii*au moment où les arm^Ts combinées des princes de liesse, de Mayence, de Brandebourget deBrunswickyainquireotlesiasurgésà Frankenhausen. Mûuzer fut envoyé au supplice, exécuté comme le grand chancelier, dont le roman lui avait troublé la cervelle. Sa courte domination à Miilhaiisen montra tout le mal que le système de la communauté des biens contient en lui-même.
Mais c(î no fut là qu'une préface à des événements plus sérieux et plus horribles. Les partisans de Storch et de Munzer se répandirent en Suisse, en Moravie et dans les Pays-Bas, puis ils parvinrent dans la région nord-ouest de rAllemagne. huin Mathîsen, poussé par un amour coupable, s'enrôla parmi les anabaptistes pour lesquels un nouveau baptême dissolvait le' mariage déjà contracté. Ce nouveau baptême raccommodait fort : il répudia sa femme laide et vieille, qui n'avait pas été u régénérée », se ût baptiser et épousa la jeune et belle Divara, fille de paysans. Cela se passait à l'époque où Henri VIII remplaça la trop vertueuse Galiierine d Aragon par Anne de Boieyn. Des événements où domina la violence lurent la conséquence de cette intrigue du roi anglais et de celle de l'artisan d'Harlem. Ce boulanger sut, de concert avec un pelletier-fourreur de Hall en Souabe, Melchior Hofmann, conquérir la souveraineté à Amsterdam. Ce fut lui qui, dans son livre La RestaureUion^ publia une constitution politique qui laissait fort loin derrièn? elle toutes les utopies, et qui faisait un mélange hardi des idées chiliastiques et des rêveries socialistes, en annonçant le nouveau baptême, la communauté des biens, Tinuliiilé de la puissance temporelle des princes, rinutililé des impôts, des dîmes, des corvées, des f)rocôs, et, en outre, imposait la loi naturelle et divine de ia polygamie.