‹ L'éternelle utopie étude du socialisme à travers les âgesChapitre 26 sur 49 · ROYAUME D OPHIR · texte numérisé non relu

ROYAUME D OPHIR

d*une gravure sur cuivre qui représente un prince portant

une coiiroîine do coquillages avec l'insct iption suivante entourée de rayons: ^jnj (Jéhora). Il présente l'avantage de contenir en un supplément qu on ne trouve pas dans les autres ouvrages fantaisistes, une table

alphabétique des matières, laquelle est soigneusement établie.

La préface est curieuse et nous transporte en Tannée 1699. Ce qu'il y a de certain, y est-il dil, et c'est grand

dommage, c'est qu'à l'beure présente nous vivons dans un temps plein de préoccupations, mais dénué de ressources; par suite, chacun s'est mis à adorer avec ferveur For et l'argent, qui sont devenus pour le monde entier de véritables idoles. Suit alors une instructive et longue énumération de tout ce que peut ob;enir celui qui pos* sède la fortune : il peut faire que Tennemi lève le siège de la ville, obtenir des emplois, etc., bref, il peut, comme on dit, faire chanter le diable. L'argent possède une puissance toute spéciale, il rend réalisable tout ce qui ne i^est pas, possible tout ce qui est impossible ; grâce à lui, le plus fou devient sage, et l* plus injuste, juste. Il en était donc ainsi en Tannée 1699; mais il en était de même au temps du sage roi Salomon, et l'amour de l'or et de l'argent a aussi chassé hors de chez eux beaucoup de gens pour aller explorer le riche pays d'Ophir. INous aussi, — ainsi se termine la préface, — nous irons dans cette contrée, mais pour un autre motif : afin d'apprendre à connaître la religion et le gouvernement de cet État. '

C'est ain?i que nous sont indiquées les deux parties de l'ouvrage, dont la seconde forme environ les quatre cinquièmes du tout. La première partie s'occupe des questions religieuses, de l'enseignement et de la méde-

cloe. Celte partie est du plus grand intérêt, car elle traite

de sujets qui concernent tout spécialement l'Allemagne, et louche les Allemands de beaucoup plus près que les Élats fantaisistes de la Cité du Soleil ou de Sévarambie. La première chose qu*on doit rechercher dans un pays inconnu est la religion ; on examinera si les gem sont chrëliens, vrais cbréliens, ou s'ils n'en portent que le nom ; si la religion n'est pas corrompue par d'absurdes usages qui s'adressent plutôt à la bourse, et si elle n'est p;is obscurcie par des subtilités égoïstes. Rien de tout cela ne se trouve dans Ophir. La foi des habitants repose sur TÉcriture seule. Il est à remarquer qu'on trouve ici une institution qui peut rappeler une sorte de synode général, ou bien la Cunférence d'Eisenach, ou encore rAlliance évangélique, bref, une constitution unitaire des Églises nationales protestantes ^ Il y a notamment dans la ville libre de Kadoschah un Conseil fédéral ecclési i-lique, un consistoire, .!ans lequel chaque poLeiital délègue un assesseur temporel et un assesseur ecclésiastique. Cette autorité a aussi, soit dit en passant , dans ses attributions la censure des livres. Il est donné ensuite des détails plus précissur l'organisation du prêche,

* La pensée (pli est exprimée ici, peut-être pouria première fois, mais qui elait certainement endormie depuis des siècles, a été répandue dij nouveau dans le peuple par la Conférence d'liis(»nacli et par rAlliance protestante. Toutes les deux ont leurs organes, celle-ci : Das allgemeine Kirekenblatt Jûr dos eoangelische Deutschland ^ depuis 18o2 (voir aussi 1891, page 649, sur l'action et les moyens d'actiou), et celle-là, depuis 1887, Die kirckUehe Korrespondenz fur die Tagespresse, Même dans la littéralure, on a fait des efforts pour arriver à Tuaité de FÉglise protestante allemande. (Lechler et d'autres).

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