CODE DE LA NATURE
des yeux de la Vérité; il embrase la masse du bûcher, et
du milieu des cendres impures de tous ces vices on voit 8*élever uae pyramide d or dont la base est aussi grande qae le pourtour d'une grande rille. « Voilà, dit la Vérité à la Nature, Téternel monument de ta vengeance. Mais toi, 6 Humanité, sois maintenant libre, douce et paisible, et ne forme qu'un corps organisé, d'une harmonie parfaite; que la variété infinie des désirs ne tende que vers un but unique, vers le bonheur commun, et vous, Vertus, redevenez les disciples de la Nature et les guides fidèles de l'humanité I »
Tout ce que la Vérité avait encore k dire fut gravé en lettres éclatantes et ineffaçables sur les quatre faces delà pyramide d*or. Nous y trouvons, d'après une description
précise, la terre et les étoiles, les axiômes des mathématiques et de toutes sciences, en un seul mot :
Lois éternelles de la Nature.
Deux ans après, MoreUy publia ces Éternelles lois de la Nature, dans un Code de la Nature que Ton a, tout
d'abord, attribué à Diderot'. Elles sont si intéressantes et, en général, si peu connues, qu'un court et rapide abrégé peut trouver ici sa place. Ce livre étrange contientf dans ses trois premières parties, des discussions
^ Excellente nouvelle édition : Code de la Nature, par MORELLT. Réimpression complète augmentée des fragments importants de la BojfeYtac^eaTecranalyscraîsoDnéedusystème social de Morelly, parViLLEGARDELLs (Paris, 184i).
Il y a peu de détails sur la vie de Morelly. On dit qu'il a écrit en 1751 un ouvrage, Le Prince, système d'un sage gouuernement (2 volumes). Comparer Firmin DmoT, Nouvelle biographie^ volume KXXVl, pages S4i et s.
l'éternelle LTOPIE
avec les législateurs et les moralistes de tous les temps.
Si on y rencontre des idées justes, il y a aussi bien des pensées fausses : déclamation sur la cupidité des hommes, affirmation de la fausseté de notre morale, tel en est le contenu substantiel. Le fléau de Fintérét individuel, la propriété, est le cancer de la société; l'unité indivisible des biens, c'esl-à-dire le communisme, est le principe de l'avenir. 11 établit donc sur cette théorie la quatrième partie de son ouvrage : projet d'une législation répondant aux desseins de la nature. Ce livre n'esl pas seulement important comme constituant un arsenal où les communistes de notre époque ont été chercher leurs armes, mais, par suite de sa forme nouvelle, il présente un système communiste exposé en de.< articles de loi.
Le Code de la nature comprend douze lois contenant de trois à quatorze articles, en tout 117. Ces articles sont si mûrement pesés, que sur tel ou tel on pourrait écrire de gros cuiiniu'iiliin s. Nous laissons au lecleurle soin de s'en faire une idée et de se les assimiler; nous nous contentons d*en donner des extraits succincts et d'y j Indre de loin en loin et entre parenthèses un petit nombre d'observations.