CODE DE LA NATURE
XL — Loi des études.
§ i. — Le nombre des personnes qui s'appliquent exclusivement aux sciences et aux arts sera déterminé
pour chaque branche scientifique et artistique et pour chaque ville... Nul, en dehors de celles-ci, ne peut avant trente ans se livrer exclusivement à ces études. Les sa* vants et les artistes ne sont pas affranchis de Fobligation du travail agricole.
§ 2. — Il n y aura pas d'autre philosophie morale que celle basée sur le plan et le système des lois. L'étude de cette science sera commune à tous les citoyens.
§ 3. — Toute métaphysique devra se réduire à ce qui a été précédemment dit de la Divinité (loi X, § 5). A régard de l'homme, on ajoutera qu'il est doué d'une raison destinée à le rendre sociable. D^autre part, on fera ressortir que nous ne savons rien de la nature de cet être spirituel qui est en nous et notamment de son antre vie possible après la mort, et qu'il est superflu de songer à de pareilles choses.
§ 4. — L'étude des sciences naturelles n'a pas de limites.
§ 5. — Il y aura une espèce de Gode public de toutes les sciences. On y inscrira toutes les vérités de la
physique nouvellement découvertes, mais, par contre, aucune addition ne pourra être faite aux maximes de la philosophie morale et de la métaphysique.
§ 6, — Les beautés physique» et morales de la nature, les objets des science?, les comniofiités et agréments de la société, ainsi que les citoyens qui ont rendu des services à la société ou à la science pourront être célébrés par Féloquence, par la poésie ou par la peinture.
Le § 7 nationalise la science de rbisioire de même que le § 6 Ta fait pour Tari.
Chaque sénal particulier fera rédiger par tcril les actions des ciiels et des citoyens dignes de passer à la postérité ; à cet égard, cependant^ il ne devra pas y avoir d'exagération, et la complaisance aussi bien que la flatterie devront être bannies. L'histoire de la nation en devra être composée, et c'est le Sénat 6uprén?e qui présidera à cette élaboration.
§ 8. — Chaque chapitre de ces lois sera gravé sur une colonne ou une pyramide érigée sur la place publique de chaque cité. Le changement d un mot et surtout du sens est rigoureusement défendu. Que s*il se trouvait quelque équivoque ou quelque obscurité dans une loi, il Faudra établir un texte définitif conforme ci la loi fondamentale.