QUELQUES AUTRES NOUVEAUTES
L*e8sai tenté par les Icariens de réaliser en Amérique un Ëtal idéal n*est pas le seul de son espèce. Tout aa contraire, depuis Id déclaration de leur indépendance, les États-Unis de l'Amérique du Nord sont, pour ainsi dire, devenus un iaboratoir-e pour toutes les expériences socialistes, communistes et ulopiques. On connaît au moins une soixantaine de ces expériences; d'autres ont été de si courte durée qu'il n'est resté aucune trace de leur existence et qu'aucune tombe n*en conserve le souvenir. Un ouvrage qui a paru depuis peu donne à celui qui s'occupe de politique sociale d'iiiléressauts renseignements sur ces essais. Si nous ne craignions de fixer trop longtemps Tattention du lecteur, nous lui ferions connaître quelques passages de ce livre. Il suflira de s'y reporter brièvement ^ De tout temps des gens se sont réunis, enlliousiasmes pour les réformes, espérant trouver leur bonheur dans une nouvelle organisation. Ce furent d*abord les Gommufiautés [Communities] qui furent créées sur le modèle de
^ H. Semler, Gesehiehte des Soxinlismus und Kom* munismm in Nordamerika (Leipzig» 1880). Nordhopf, Communistic soeieUes 0/ the United States (LoiidreSi
Digmzca Ly Gt.jv.*^i^
ALTRËâ I^iÛDVKALTKS 299
la Nouvelle-Harmonie et d'après le système d'Owen. D'autres fondèrent Utopia, Brookfarm, Hopedale, etc. L'idée de la phalange de Fourier, vulgarisée par son apôtre Brisbane, trouva davantage d'admirateurs. Une quantité innoînbrable de cotiim unaulés portant le nom de phalanges furent fondées en Pensylvanie et dans d'autres lieux*. Au milieu de ces phalanges et de ces associations, s'élevèrent, depuis la déclaration de rindépendance ;i moricaine (quelques dizaines d'années par conséquent après la chule de TËtat socialiste chrétien de l'Amérique du Sud), des communautés spirituelles et religieuses qui se proposaient, entre autres choses, de détruire Tamour des parents, « Tégoisme des parents» de Ja même façon qu^une éponge humide elface un mot sur une ardoise ». La plus importante de ces communautés fut peut-être celle des Rappistes ou des Harmoniste?, qui fut ioiidée en Pensylvanie, dès Tannée 1805, par le Wurtembergeois Rapp, né en 1757, mort en i847, et que visita en 1832 Nicolas Lénau. Ce poète a su vraiment mal reconnaître l*hospildlité dont il avait proiilé. D'ailleurs les Harmonistes y étaient hahitués. Le poète des Ruines d'Heidelberg ne se plut pas dans un pays qui ne pouvait lui ofl'rir ni vin, ni rossignol, et il déclara qu'il préférerait se trouver les poches vides chez les Allemands, que chargé de dollars chez les Américains ^.
* Brisbane, Thesoeiàl (?es/«n// o/men (1840), et la Afe«?- York Tribune dans laquelle les partisans de Fourier avaient loué une colonne, depuis 1842, eu vue de la propagande.
^ Comparer K.nortz, Die ehriatliche-kommunistisclte Colonie der Rappfsten in J^ensf/lranien und Ncae MùUeUunfjen ilùer ^ik. Lenau'a Au/enthait, etc. Leipzig,
300 L'ÉTER^iELLE UTOPIE
Si 1*011 compare les expressions précises du poète aux relations d'autres témoins, on est étonné de cet accord
parfait. Tous les tf iiK.ins autorisés se plaignent de rabsence de Tamour du prochain, du manque d'honnêteté, des faiblesses de tous ceux qui firent partie de ces communautés et devaient en être les plus fermes soutiens. Le fanatisme religieux lui-même n'était pas en état de maintenir les communes communistes, et leur étoile penchait toujours vers lé déclin dès qu'un chef» sachant imposer le respect, Tenait à mourir, et avait un remplaçant au(|uel faisaient défaut les mômes qualités. Peu d'hommes trouvèrent là le bonheur et le repos. La plupart de ces associations s'écroulèrent ruinées par l'ignorance et Tincompétence de leurs adhérents et par leurs divisions.
Cela doit nous étonner d'autant plus que c'est précisément en Amérique que des projets de celte nature ont fait à chaque instant leur apparition et que c*esl un Américain qui ramena la mode des romans politiques, et même, parait-ii, avec grand succès. Il y a peu de temps, les journaux de Paris annoncèrent que des capitalistes et des orateurs populaires avaient formé le projet de forider une colonie, réalisant Tidéal de Bellamy, sur les territoires fertiles qui se trouvent h l'Est de la ville dlncamation^ entre le Rio-Parana et dlmmenses forêts vierges où Ton peut obtenir des terrains pour le prix dérisoire de 6 à 8 francs rhectarc. Bellamy I 11 y a cinq ou six ans, on osait à peine se permettre la
Wiest, 1892). Le roman de Louise Zehnder-Weil Gelàutert s'occupe aussi du séjour de Lenau chez les Rappistes (Munich, 1889). Comparer le roman de Kurnburger, Der Amerikamûde^ qui montre Lenau sous le nom de « Moorfeld n.
AL TUES NOUVEAUTÉS
question : « Ayez-vous lu Bellamy ? » Mais, depuis, on aurait honte de Tignorcr. Autrefois, il n'était question de lui nulle part; depuis, dans chaque comparlimentde ctiemin de fer on a va tout le monde tenir son ouvrage à la main ; Tétudiant le lisait au cours au lieu d'écouter quelque exégèse, quelque interprétation ou quelque conjecture, et 1 honnête paysan lui-même y étudiait Féconomie politique* Lorsqu'en tournée de conférence quelqu'un prononçait dans les villes des discours contre Beliariiy, Ton pouvait voir les gens de la campagne arriver enfouie et nous avons entendu un jour, au cours d'une de ces conférences, un paysan dire : « Il aura beau dire, Bellamy a tout de même raison. »
Ceux qui connaissent rhistoire ne peuvent avoir qu*une médiocre idée de cet utopiste qui a le même nom qu'un desGhiliastes d'il y a cent ans. li n'est pas possible cepei^dant de passer sous silence ce Coup étœU rétros^ pectif jeté en Tan 2000 sur Tannée 1887 ^ Nous ne vouions pas pourtant « abréger notre sujet en le prolongeant ». Un gentleman de la ville de Boston,, enfant gâté du xix* siècle, M. West, a l'idée de se faire endormir par son docteur, qui part dès le lendemain pour un long voyage à l'étranger ; il ne se réveille que le 10 septembre 2000. Cette idée n'a-t-elle pas quelque
' E. Bellamy, Coup d'œil rétrospectif Jeté en l'an 2000 sur Van 1SH7 litre de l'ouvrage original américain : Lookin;/ backward). Traduction d'après le 301 « mille de l'édition originale américaine, par G. de Gizycki (Leipzig, liociani, 180U, n" 2601 -02.) Kq 1S80, parut une adaptation tronquée de G. MoTKOwsKY : Edouard Bellamv, AUes i crstaailichtysozialpolitiseher Roman^ Berlin, R. EcksteiQ. Autres éditions dans V Illustration , juillet 1889-1890 (Vienne, Steiner). Traductions françaises depuis 1890.
Digiii
302 L'ÉT£KiN£LL£ UTOP]£
ressemblance'avec la momification et la résurrection do
colonel d'Ediiiuiui Aboul dim^ V Ho/n/zie à f oreille cassée P Lamaison de Julien West est inceadiée, mais, contre toute vruisemblaQce, la chambre à coucher demeure intacte. Notre héros s'éveille donc au moment où un docteur reiiummé, le \y Lente, découvre cet endroit en clicicliaat leg fondations d'un laboratoire. Observons en passant que ce vénérable sexagénaire a une fille^ Éditb, qui est plus charmante que toutes les jeunes ÛUes du xix* siècle, maïs (}ui a cependant quelque ressemblance avec la fiancée de Julien West, que l'on croyait mort et qui se trouve de nouveau rappelé k la vie. Le livre contient, à partir de ce moment, une histoire d^amour très plaisante et qui se passe entre West et Ëditb ; mais le point important réside dans les nombreuses conversations qui s'y trouvent mêlées et qui ont pour objet la comparaison de L'organisation sociale du xxi* siècle avec celle du xix*. Deux iqpages reproduisent d'une manière parfaite la manière de voir du Leete, ou mieux de Beilamy. La société de notre époque est comparée à une voiture gigantesque & laquelle est attelée une masse d'hommes qui la traînent péniblement. Sur le haut de la voiture, se trouvent de nombreuses places agréables, fort convoitées et fort commodes, mais peu sûres, et lorsque, par suite d*un cahot subit, des personnes sont projetées au dehors, elles doivent tout aussitôt se mettre à l'attelage, et d'autres s'emparent de leurs places. Telle est la première image ; l'autre est celle du parapluie. « Le parapluie individuel est Timage favorite de mon père, dit E Jith, lorsqu'il veut faire ressortir ranlique manière d'après laquelle chacun vit pour soi. Dans notre galerie artistique, se trouve un tableau du xix^ siècle qui représente une foule d'hommes sous la pluie. Chacun
Digitizec Ly ^oôgle
AUTRES ISOUVËAUTÉS
tient son parapluie sur soi et sur sa femme et le laisse dégoutter bur son voisiû. Mon pere disait que Tariiste Tavait peint comme une satire de son époque. » Ce tableau a pour signification l^antagonisme des idées : au xix^ siècle rindividualisme, au xxi® le sueiaiisine. Ce contraste domine ie livre entier. Mais ainsi que l'idée d'un auvent, tendu sur les rues pour transformer les troltoirs en corridors confortables, se montre déjà toute pareille dans l'histoire des Sévarambes, de môme, beaucoup d'autres idées de Beliamy, à y regarder de près, ne sont pas nouvelles pour celui qui connaît les romans politiques. Le Boston de Bellamy est également un paradis sans armée ni justice, avec de magnifiques salles à manger comjiuines, (ni l on observe le meilleur ton, et où il y a des dames charmantes qui ont le droit de l'aire ellesmêmes des demandes en mariage aux hommes. (Cette idée avec toutes ses conséquences est présentée par Bellamy dans une autre petite nouvelle.) La seule tache du Gouvernement est le règlement de l'industrie. I/obligation'de travailler dure de vingt<et-un à quarante-cinq ans, et chacun aune occupation, qui consiste, pendant les premières années, à tenir les emplois les plus humbles et tout particulièrementà remplir les fonctions de garçons de café. Être garçon de café : tel est le premier échelon qui mène à tous les emplois siipérîeurs. Le président actuel de la République, laquelle ne se cuiupose plus, d'ailleurs, d* Eclats particulLcrs, a fait, il y a vingt ans, le service dans un restaurant. Tout citoyen reçoit une carte de cré* dit divisée en un certain nombre de carrés que Ton perfore à la remise des objets Joui li a besoin. Suivant les fluctuations de TolTre et de la demande les conditions changent et peuvent être plus ou moins élevées, c'est-àdire qu*ii y a plus ou moins de carrés à perforer. Nous
avons donc là encore la plus grande inégalité* Et il en
est de même de tout ce que Bellamy raconte. On passe naïvement sous silence les plus graves problèmes, tels que Taugmentation de la population, etc., et l'on décrit d*une manière confuse comment se prodaît la transition vers la nouvelle société. 11 se trouve là des choses très intéressantes, mais qui ne sont ni profondes ni sérieuses, et c'est Justement ce que Técrivain de ce roman a voulue C'est assurément an but élevé, idéal, que l'auteur fait proposer par un prédicateur (on entend le s(m mon par téléphone). La question : « Que boirons-nous, que mangerons-nous? » doit être facilement résolue comme un problème social; le rosier de l'humanité sera transplanté du manjca^e de l'égoïsme dans une meilleure terre pour remplir le monde de son parfum. Tout cela est fort joli, mais c'est un idéalisme outré. Dans TÉtat de Bellamy, règne, comme nous venons de l'indiquer, l'inégalité, et la vie de faniillo y est, réduite à peu de chose ; les enfants y sont même dispensés d'accepter quoi que ce soit de leurs parents parce que ce serait une humiliation pour eux. La liberté politique est supprimée jus* qu'àrâgede quarante-cinq ans. La paresse et l'ambition (il y a aussi des rubans et des décorations) sont les ressorts par lesquels Bellamy remplace la lutte naturelle pour le pain quotidien et l'amour du prochain; cet Ëtat de l'avenir a une similitude désespérante avec l'Ordre et TÉlat des Jésuites. La conclusion du Coup d'œil réfrospecUf estf d'ailleurs, dans la première édition, une critique des plus acerbes. Lorsque M. West a reconnu dans Ëdith l'arrière-petîte-fille de sa fiancée, qui, après un long deuil, s'est mariée, et qu'il l'a conduite chez lui, ii
tombe en un profond sommeil et se réveille le
31 mai 1887. C'était unrével II se précipite dans la me...
AUTRES NOUVEAUTÉS
c'est Tanlique misère àociale ; il se rend chez sa fiancée et là il trouve des personnes de connaissance. Gomme inspiré, il déroule le tableau de Tavenlr qu'il a contemple, mais il n'est pas compris, on le prend pour un fou et on le met à la porte \
Une quantité de brochures et de travaux plus impor* tanls attaquèrent l'œuvre du jeune Américain qui avait, pendant un an, étudié le droit en Allemagne. Des conférences, faites au point de vue économique et socialiste, jetèrent la lumière sur cet État fantaisiste K D'autres cherchèrent k pousser plus loin Tenchalnement des
^ La conclusion de Bellamy a été changée dans Fédition Reciam. Le Réveil au ux® siècle est ici un rôve d où sort réellement M. West au xxi* siècle.
2 II faut citer suret contreBellamy : ErdmannsdôrfferXH.C),
Ein Phantasiestaat, conférence faite à la Société socialiste allcmaiidc pour les réformes à Leipzig (Leipzig, Werther, iSOi)Jl('rrn Friedrcc/i Osts Erlebnisse in der Welt Ue/lamys, pulilin par Wilbrandt (Wisinar, iLinsLorlf, 1801). Ein Rûckhiitk ans dem Jakr 2 »37 aui'dcm Jakr 2000. Extrait des Méaioires de M. Julien West, publié par E. Mullor (Berlin, Ulrich, 1801). Ed. Lowenthal, Der Staat BcUdmijs und seine NaehfoUjer (Berlin Muskeila, 1802). R, Michaelis, Ein Bllck in die Zakunft (Leipzig, Reciam n° 2800). Tib ur- Tius, Bellamy als Lehrer (Berlin, Bureau bibliographique 38 pages, 1892).Philipp Laichs Etioaa spàter (Mayencc, 1891, 208 pages)* Cet ouvrage exprime une pensée fondamentale exacte, à savoir que les iustitutions les plus parfaites ne sont rien, si la force sociale ne s'appuie pas sur une autorité morale (la croyance en un Dieu personnel) ; mais il est d*ailleurs complètement inspiré par Tesprit des Jésuites ; il fait tomber dans un combat le dernier des Hohenzollern ; puis, survient un soulèvement des catholiques au sujet des questions d'enseignement (page 179) ; la Pologne et l'État de TÉglise sont reconstitués, etc.
l'éternelle L'TOPIE
idées de Beilamy en les réédiUnL sous forme de nouvelles, et c'est ainsi que parut tout récemment, à côté des romans politiques, la Nouvelle Poliligue, K. Wilbrandt y fait raconter à Frédéric Ost ses aventures dans le monde de Beilamy, où il est enterré vivant : il ne s*é veille, comme le lui montre son calendrier, que le 29 oc* (obrè 2001 et éprouve déceptions sur déceptions. Une nouvelle plus élégante de E. Millier fait faire à M. Julien West lui-même, en 2037, une revue rélrospeciive sur Tannée 2000. Dans un récit de même fiirme, mais presque méthodique, pourrait-on dire» R. Michaëlis, journaliste de Chicago, suit Beilamy pas à pas dans son Coup cl œil sur V Avenir. Ici, nous sommes initiés, d'une façon très divertissante, aux opinions de Tan 2000. Le M. West de Beilamy est pourvu d*un emploi dans ce nouveau monde. On en fait nn professeur d'histoire du xix® siècle. Il ouvre son cours par ces paroles : « Il y a cent treize ans. » La salie des séances est bondée. Il célèbre avec enthousiasme le XXI* siècle et s*attend à des applaudissements frénétiques. Mais tout le inonde reste froid. Après le cours, un auditeur d'un certain âge s'avance vers lui et lui explique la chose, en se présentant en même temps comme étant son prédécesseur. Il a été révoqué par le Gouvernement parce iju il ne s'était pas aussi enthousiasmé que lui ; maintenant, il est occupé à balayer les salles de cours en qualité d'appariteur. Il lui montre comment la génération actuelle ne voit pas la situation si en rose et ne se trouve nullement satisfaite; puis, les réfutations successives se poursuivent dans le cours d*une conversation entre ce professeur émérite et le héros de Beilamy.
D'autre part, nous trouvons les plagiaires de
AUTRES NOUVEAUTÉS 307
Bellamy. Citons seulement : les Nouvelles de Nowhere {News from NQwheve)^ description des conditions sociales à Londres en Tan 2003, par William Mqrrls, qui ne sont pas en rapport avec la célébrité de l'auteur du Paradis Terrestre^ et un livre du bizarre Ignace Doneily, qui a découvert dans Shakespeare le grand cryptogramme : la Colonne de César {Cœsar*s column)^ lettres écrites par Gabriel Weltslein, citoyen de TOuganda, État du centre de i'Alrique, et qui, entre autres choses, furent apportées en ballon de Paris à New-York, dans l'espace de trente-six heures ^
Cette nouvelle littérature des romans politiques remonte, d'ailleurs, à une époque plus reculée qu'on ne pense, et, dans le ûot moderne des publications qui font que notre époque pourrait être appelée Tàge du papier, peu d'œuvres ont davantage attiré l'attonlion que celle de Bellamy. Sans rechercher le plus ou moiub de valeur
^ Les titres des ouvrages mentioaués sont: Morris, New» from Nowhere {Londres^ 1892 Reeves andTurner). Looking ahead, notby the author of Looking baekward (London, 1892). HgHRi-lGN. DoNELLY, Cœsar's Column^ senaaUomû stort/ on the 20 ik* eentury (Loodoo, 1892). Nous avons encore a meutionner : Masehinen Zeitalter par Iemand (Z&rich, Verlagsmagazin, 1889). A/ton LocA:, par Kingslet, dont une traduction a paru à Leipzig chez Brockhaus. Une ffrèoe et ses suites, par Maortce Block (traduit en Allemand par ScHWARZ, Berlin, Sigisniund, 4801 , dans laquelle le lecteur est conduit à travers une histoire d'amour, d des discussions sur les salaires, le profit de l'entrepreneur, les violences et voies de l.til au ( uurs d'une grève, l't'lablissement des caisses d'épargne. Dans le texte, noiis ne uR-ntionnons pas JusfinuSj in dei' /e/inmilUonenstcult, lierlincr Roman an dem Ende des IHO Jahrhunderts ^Uresde, Pierson, 1890).
de ces ouvrages, nous citerons encore la Terre de la Liberté^ par l'aide dentisle viennois F. Amersin. Le héros de ce roman, Henri, qui participe on peu de la nature de F.iijst, fonde, après des aventures de toute sorte que le narrateur ne fait qu'esquisser très rapidement, une salle d'asile, et émigré dans une ile déserte, oà se poursuivent des conversations savantes; la pédagogie y a plus (le pari que la politique. Dans son ouvrage intitulé A la fin dune période de mille ans y Henri Truths s'est fait de la vie politique une opinion qui consiste à nationaliser tous les produits ; mais le point capital réside ici dans le progrès des inventions. Le Boland, sorte de dynanule, est employé dans de petites cartouches pour les besoins du moment, par exemple pour mettre en mouvement une voiture, et Télectroscope, qui reproduit, comme par enchantement, les traits d'une personne, quelque éloignée qu'elle soit, sur un mur qui est en face de nous. Et Gurd Lasswilz, dans ses nouveaux Contes Modernes ^ nous transporte dans le royaume des Saponiens, en réduisant notre taille à un soixante millième de millimètre, sur unebulle de savon *.
Un livre anonyme, Dans le Royaume des Femmes^ ^
* Amersin, Dos Land der Freiheit in sehliehter Erzàhlungaform (deuxième partie de Freiheit und Tagend des reinen Mensehentums) Graz., 1874. Trdth (H.), Am Ende des Jahrhunderts (Bâle, Schwabe, 1891. Comparer KLEiRWAGHTEii page 104. Le titre de l'ouvrage de Kord LasswiTZ, mentîooné aux pages 3 et 264, est : Bilder aus der Zukun ft (Berlin, 4879) ; et Seifenblasen Moderne Mûr-ehen (Apoïkis, etc.) (Hambourg et Leipzig-, 1890).
2 Im Hciclie der Frauen, Jedtm dus Seine (Berliner Volksschritteoverlag, 1891).
AUTiŒS N01jY£AUTÉS 309
nous conduit plus avant dans les problèmes sociaux et dans les questions de droit constitutionnel (car nous ne nous occupons pas des romans purement économiques, tels que AUon Locke de Kings- Jey, f Époque des Machines^ par Jemand, et l'ouvrage habilement écrit de Maurice Block, la Grève.) On nous dépeint ici l'Etat d'Uremab, dans la sixième partie du monde. Il diffère peu des États connus de l'avenir, seulement ce sont les femmes qui gouvernent, et c'est même tinalement une femme qui a ete nommée présidente de la République ; mais, comme elle est devenue le jouet de ses passions, on la renverse. Un riche Berlinois est parvenu, d'une manière très mystérieuse, à Uremab, et s'y est marié avec la charmante institutrice Dia. Malgré Texistence brillante qu'il y mène, il est pris de nostalgie ; il revient dans son pays après un pénible voyage, et Di;i raccompagne. Mais quelle nVst pas la stupéfaction de cette fille du fabuleux pays des félicités, quand elle fait connaissance avec l'argent et qu'elle commence avec effroi à en comprendre Fimportance! La catastrophe se produit dans un restaurant à la mode de rUnter den Linden, à Berlin. Les regards de Dia tombent sur des personnes qui sont dans la désolation : c^est une députation de pauvres tisserands de TEulengebirge. On s'est entretenu de leur misère effroyable, mais ce qu'il y a de plus triste, c*est que : « Il n'y a pas de secours possible à cette misère. » G est alors que Dia s'écrie : « Tu paies 30 francs pour un déjeuner auquel tu as touché à peine, et voilà 20.000 familles qui sont obligées de vivre avec G fr. 50 par semaine. Malheur à cette organisation sociale I » C'en est trop pour Dia, elle devient folle. C'est une satire irritée et amère contre notre organisation sociale, mais qui
310 L ÉTElirSELLE UTOPIE
a les mêmes défauts qae les autres écrits analogues. Il existe un autre ouvrage beaucoup plus connu que
ces écrits, beaucoup [>lus pratique, la Terre libre [Freiland). On songea même à réaliser certaines des idées qu'il contenait* Il paruttoutd'abord à Leipzig, en octobre 1889, chez Duncker et Humblot, au prix de ISfr.SO, puis chez Pierson, à Dresde, pour 3 fr. 75, et, enfin, en 4891, un extrait de 64 pages en fut édité par le Comité des actionnaires de la Terre libres au prix de 15 centimes *. L*auteur, Théodore Hertzka, df; Budapest, fut, de 187â à rédacteur à la Nouvelle Presse libre { Nette
Freie Prease)^ de la partie économique et scientifique, — et Ton voit par là quel est son genre d*esprit — il contribua à la fondation de la Gazette Universelle de Vienne^ publia une série d'articles d'économie politique sur l'étalon monétaire, sur l'argent, etc., etc., et, en 1885, un écrit sur le transport des voyageurs, où il soutenait Tidée d'appliquer le ^penny-porto aux voyages en chemin de fer. Un critique malicieux nous le représente comme un petit homme grêle, avec une tête à moitié chauve, sans les cornes qui faisaient romement de la tête de Moïse, et n'ayant rien d'un héros si ce
^ Hi iMZKA, Th., Freiland, Kin soziales ZiLkaaJUbild, Coiiiparer Ludassv, dans Grunhuis Zeltsehr. f. Pricat, u. 61)', /?., XIX, page 6io. Coiitn? Horfzka parut une brochure n'émanant pas d'un ami de s st inites : Hkutzk a's, Ostn frikanaan, Jun frefiandiHcker Strahl-Reflex ans dem Spiegel einea Klugen, Leipzig, 1891. Schaumbourg- Fleischer et une feuille volante : Ein Bremser oder der letzte Pinselstrich am Freilandgemàlde (Vienne, IV, K. Tambour), et: Billet fàr die Reise nach Ostafrikanaan (Vienoe, I, Scbaumbourg et Weiger) Tambour, Die Reise naeh Osiafrikanaan ^Leipzig, A. Schuize) et d'autres.
ALTllES NOUVEAUTÉS
nVst les trois premières lettres. Dans sa Terre libre, cet hornme a tracé le plan de la transformation du monde. La Terre libre est une robinsonade sous forme de lettres dont certaines sont fort attrayantes. Ëlles émanent, pour la plupart, du D*" Stahl, sous le nom duquel se cache rhéroique Herlzka. En juillet 189... ., le Stahl fait, en vue de créer une société libre, un appel qui est accueilli très favorablement. Il gagne un petit nombre de personnes intellectuellement douées et va occuper avec elles la magnilique vallée de Kenia, contrée sans habitants, située au centre des possessions anglaises, tout près de Téquateur, par conséquent ; ce début, comme on voit, ressemble à celui de Campanella. Une grande puissance s'y dévelo[)pe, remarquable par la force et la richesse de ses habitants, autant que par la perfection de ses institutions sociales. Un an après, on y trouve déjà 95.000 habitants, dont 27.000 travailleurs réunis en 518 associations, et, après une période de dix ans, le pays est arrivé an plus haut degré de culture. Nous avons encore une fois ici l'État parfait, une nouvelle utopie! Dans une contrée magniûque s'élève en amphi* théâtre la ville d'Edenthal, et il faut avouer que ce nom, donné pour la première fois à, un État parfait, sent un peu le juif. Tout le confort des temps présents et futurs s*y trouve réuni, et Gabet lui-même y est de beaucoup dépassé. En effet, on voyage dans des voitures automobiles, l'on reçoit automatiquement les plats sur la table venant d*une armoire moitié cave frigorifique et moitié foyer électrique, et puis, le soir, on se rend dans un théâtre instructif qui rappelle à peu de chose près rUrania de Berlin. On n'éprouve pas seulement une pleine satisfaction dans ses rapports avec ses semblables, on vit surtout heureux parce qu^on jouit
intérieurement d*ane sérénité pareille à celle des dieux.
Celte félicité n'est peut-être dépeinte clans aucun autre roman d une manière aussi entraînante. « Cliez vous, en Europe, ainsi parle un jeune homme de la Terre libre, personne, en dehors de Finsouciante jeunesse, ne connaît cette gaîté naïve qui rayonne ici sur les fronts. Vous vivez au milieu d'une atmosphère de misère, et vous portez tous une marque de souffrance maladive empreinte sur le visage (remarque dont l'observateur attentif qui parcourt les rues de nos villes est malheureusement obligé de constater Texactitude). C'est ici seulement, sur la Terre libre^quelon voit des visages vraiment humains parce qu*il n*y a pas de misère sans espoir et qu'un intérêt personnel modéré, aiguillonnant l'activité de chacun, apporte la joie qui donne le sentiment de poursuivre un but assuré. De là, aussi, une amitié sincère et un sentiment commun de satisfaction, à la place de cette sociabilité qui fait des Européens une mascarade d'animaux bien dressés. »
D'où tout cela vient-il? Un tel bonheur est dû à une organisation particulière de la Terre libre^ à la solidarité des intérêts, à la liberté de choisir son travail, à Tassociation et à la vie constante en public. En Terre libre, chacun sait à tout moment quelles sont les branches de la production c(ui sont le plus profitables, et chacun a le droit de se livrer au travail de son choix. Tout repose sur le principe de i'assucialion, et l'on nous en fait connaître les statuts modèles. Ces associations ont quelque analogie avec les Sociétés dont il est question dans notre droit et avec les nouvelles sociétés à respon.sabililé limitée (loi allemande du 50 avril 1892), avec cette dillérence... que c'est l'État qui fournit le capital. Par suite, personne ne possède les capitaux
AUTRES NOUVEAUTÉS 313
de rassociatioD) mais tout le monde en est seulement usufruitier. Le sol ne peutnon plus faire robjetd'un droit de propriété; il n'y a que des droits d'usage, d'usufruit et d'habitation. Par contre, dans cet État idéal, le mariage subsiste tel qu'il est établi. L'essentiel est évidemment que chacun reçoive une partie du revenu net suivant sa participation an travail, la contribution au travail des membres les plus anciens, des directeurs, etc., étant déterminée d'une manière spéciale. Toutes les cédules de crédit sont établies par une caisse centrale; c'est la plus grande clearing -house qu'on puisse se figurer, car chaque habitant de la Terre libre, et non pas seulement chaque association, y a son compte courant.
L'administration de celËtat est grandiose et comprend
douze sections : Présidence*, Assistance publicjue, Instruction, Arts et Sciences, Ponts et Chaussées et moyens de communication, Postes et Télégraphes, Affaires étran* gères, Entrepôts, Banque centrale. Affaires d*utîlité publi(iue, Hygiène et Justice. Cette dernière division se rapporte très nettement aux opinions de Lombroso et de Bénédikt, en ce que le droit pénal n'est qu'un droit de protection. A la place des condamnations criminelles, on voit apparaître les décisions des médecins; la Cour d'appel se compose du collège des médecins etdes juges de paix; il faut remarquer, en outre, qu'il n'y a pas d'enseignement spécial de la médecine ; par contre^ tout le monde peut exercer la médecine.
A la tête de chacune des sections désignées de TAdminislration, parmi lesquelles on constate l'absence absolue de Farmée, est placé un chef qui est élu par une Assemblée représentative. L'étonnante expérience que Ton a en Terre libre résulte notamment de ce fait que
ÉTSBinSLLB UTOPi::. IS
l'ÉT£RNII«LË UTOPIË
ce ne sont pas, comme chez nous, les favoris du pouvoir, et des coleries de la fortune» ou, comme dans les pays parlemeaiaires, les beaux parleurs et les politiciens de profession, qui dirigent les affaires, mais bien les gens qui ont réellement Tintelligence nécessaire pour cela. Il y a douze parlements professionnels qui sont élus par le suffrage universel, mais dans différents ocrps électoraux, c*e8t*à-dire pour les quatre premières et la dou/.ième des sections désignées plus haut, d'a[)rès les quartiers, et pour les autres d après les classes professionnelles. Les femmes ont aussi le droit de voter et d*étre élues, mais elles ne participent pas au pouvoir exécutif. Voici maintenant une critique admirable de tous ces châteaux en Espagne. Par suite de la vie en commun sur la Terre libre, la répartition des impôts ne présente aucune difficulté; au fond, il n'y a pas d'impôt, ou on ne les considère pas comme tels; par contre, on mettra à part, sur le revenu brut, la bagatelle de 35 0/0, qui sera principalement absorbée par le cbapitre de T Assistance. Un impôt charmant! Avec ce seul chiffre, l'édifice tout entier se lient et s'écroule !
Mais notre rêveur pense tout autrement. Lès meilleures forces de tous les États convergent déjà vers la Terre libre. Suit un épisode émouvant. Carlo Falieri, qui a déjà pris la résolution de devenir citoyen de la Terre lihre, sVprend de Berlfia, jeune sœur de son ami, citoyenne enthousiaste de la Terre libre. Le vieux Falieri désire naturellement que son ffls continue la race illustre des Falieri sur leurs domaines héréditaires d'Italie et demande pom sou lils la main de Bertha. Irritée, celle-ci repousse ie diadème princier, elle ne veut qu*èlre citoyenne de la Terre libre, et le vieillard, convaincu, cède. A ce moment (le août...) arrive une dépêche
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AL'TRES NOUVEAUTÉS
annonçant que la guerre est déclarée. La Terre libre est impliquée dans une guerre contre Jean Négus, d*Abyssinie. Tout \e monde s*attend à Tanéantissement de la Terre libre. On nuus montre alors comment, sans organisation militaire spéciale, se développe une élite guerrière comparable à celle des *vieux Spartiates. La jeunesse, rompue de bonne heure aux exercices corporels, est supérieure à celle de tous les peuples qui ne sont pas libres, et elle détruit TËtat militaire despotique d'Abyssinie. Une brillante conclusion termine cette victoire magnifique. Un Congrès universel a lieu, à la manière de nos Congres modernes, avec cinq reunions pour discuter, et deux pour visiter les curiosités de la ville et des environs. De nombreux discours sont prononcés par tous les députés de tous les pays. Celui de Lionel Acostat est surtout intéressant; il prouve tout au long que la doctrine que Ton répand depuis dix-huit cents ans, d*après le texte de TËvangile, n'est qu'un chef-d'œuvre de l'art de faire des esclaves, que le Cbri.^l ne s est (jccupé en aucune façon de religion, et qu'il a été crucifié, non comme fondateur de religion, mais comme réformateur socialiste, grâce surtout aux menées de Taristocratie juive. Finalement, après tous ces discours, on décide simplement de propager par toute la terre le socialisme de la Terre libre selon le degré d'avancement de chaque pays.
Est-il besoin de critiquer cette audacieuse fantaisie ? La Terre libre, comme toutes le? utopies, est la perfection même; il n'y a pas là de travail déshonorant, chacun se sert lui-même, et tout travail profite à la communauté. C'est là une idée généreuse, mais n'estelle pas la même dans toutes les associations? On sait que ridée d'association ne vient pas d'Uertzka. Le grand
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problème est ici résolu d une manière économique en ce que les rentes foncières, les intérêts du capital et les bénéfices de Tentreprise, cette dangereuse trinité qui constitue notre salariat mercenaire, en sont écartés. Toul cela se confond en un revenu du travail dont on déduit 35 0/0. En Terre libre tout tend à nationaliser le travail, mais sans détruire les trois facteurs économiques ci-dessus. Nous sommes en présence d*un individualisme élevé et le trait caractéristique est que, pour un entrepreneur, ce doit être un vrai plaisir de vivre dans cette terre d*Afrikanaan avec ses centaines d^associations. Mais pour les autres ? Saura-t-on associer à la spéculation hardie la sagesse dans le choix des afTaires réellement bonnes ? Qu'adviendra-t-ii de laugmentation de la population? Peut-on y répondre par cette phrase d'Hertzka que : « Une augmentation trop considérable convient peu au but qu*on se propose? » Peut-être les anciens utopistes ont-ils été plus habiles en abordant franchement ce problème.
A une époque très proche de nous, ont paru des œuvres d'un genre un peu difTérent. Après la grande littérature utopique; après que Bebel eut déroulé dans son livre la Femme^ fort lu depuis Tabolition de la loi contre les socialistes, un tableau très incomplet de l'État de l'avenir, et développé en même temps initie questions particulières; après qu'Oswald Kohier eut ensuite rédigé le projet d*une Constitution * vers laquelle
^ La iDcUiière de voir et l'idéal de la démocratie sociale contemporaine se trouvent surtout exposés dans Bebel, Die Fraïf ntifl (1er SozialismiiH ; Engels, Der Ursprung der Famille, des Privateiuentams, dfs Staais ; Kngels, Die Enftriekelunr/ des SoziaHsmus oon der Uiopi'' Wiasenscha/t ; Clara Zetkin, Die Frauen der Ocge/i"
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.AUTRES NOUVEAUTÉS 3i1
tout le monde devait tendre, on se mit subitement, à délaisser la fantaisie extravagante pour revenir à la réalité. La démocratie socialiste d'aojoard'liui est devenue^ en effet, plus exigeante; on n*est pas si idéa-
wart; Osw. Kohlkh, Der sozialdemokrnt. Staat mit swel fjraph. DarsteUunrjen (Nuremberg, Woriein, 1891). Menliotmijiis parmi les écrits contre Bebel : Ein Gang dur eh Bcbrls Panvlics bis in tausend jàhrige Reieh, par E. S. (Emden, Gerhard, is<)0) ; excellent ouvrage et comme la queslioii de la Icmme a été souvent traitée dans ce livre, nous citerons ; Jahdou, Vie Frau in Bebels Utopien (Mindcn, Bruns, 1892); etFEHLiNG, Rektoratsrede (Stuttgart, Enke, 1S92). Un examen plus approfondi est d'un grand intérêt pour comparer les exigences du temps présent avec les idées des utopistes. Nous ne formulons pas nousmême de jugement» mais voulant engager, par nosrésumésy les masses profondes du peuple à la réflexion, nous allons donner ici le programme démocrate socialiste (ErfQrt, 1891).
1* Droit égal et direct d*éleetiott et de suffrage avec vote secret pour tous les sujets de l'Empire âgés de plus de vingt ans, sans distinction de sexe pour toutes les élections et tous les votes. Système électoral proportionnel, et, jusqu'à son introduction, nouvelle division légale des collèges électoraux après chaque recensement. Périodes législatives limitées à deux ans. Fixation de l'élection et du vote à un jour de repos légal. Indemnité pour le^ représentants élus. Suppression de toute limitation quant aux droits politiques, excepté en cas de mise en tutelle pour cause d'imbécillité ;
2o Législation directe par le peuple au moyen du droit de proposition et de rejet de la loi. Autonomie et admi» nistration directe par le peuple dans TEmpire, TËtat, la province et la commune. Élection des autorités par le peuple ; responsabilité de celles-ci. Consentement annuel de hmpôt ;
3° Instruction générale dans le mélier des armes. Milice populaire, au lieu daraiée permanente. Guerre et paix