‹ L'Éternité, retraite de Notre-DameChapitre 6 sur 13 · CESSÉS · texte numérisé non relu

CESSÉS

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û'aurais-je pas l'esnob / J ' P ° UrqUOi J pas i espoir de vivre toujours?

TÉMOIGNAGE DE L'AME

Qui ne voit, dès lors , comme on voit le soleil, que YEternel est au fond de notre espérance; et que notre espérance démontre son objet, c'est-àdire l'Eternité?

Voyez, en effet, comment dans notre vie du temps tout accuse l'attente de l'Eternel, et comme conséquence, la certitude de l'Eternité. Qu'est-ce que notre vie sur la terre.?

Notre vie, c'est le travail et encore le travail, non seulement le travail pour les besoins de cette vie, mais surtout le travail pour la récompense dans l'Eternelle vie.

Nous sommes les ouvriers de Dieu ; c'est pour Lui que nous travaillons, et notre travail n'est qu'une forme du service que nous lui devons.

Quelle récompense, dès lors , plus digne de nous et de Lui peut-il nous réserver, si ce n'est de se donner Lui-même à nous, Lui l'Infini, Lui l'Eternel?

Aussi ce n'est pas seulement par sa parole extérieure, c'est aussi parcelle qui retentit au plus intime de notre âme, que Dieu nous dit : Ego ero merces veslra magna nimis. C'est pour moi que vous travaillez; vous êtes les serviteurs de ma Majesté, vous êtes les ouvriers de ma gloire : Moi-même je serai votre récompense.

Et quelle récompense? Plus grande que tout ce que vous imaginez : Magna nimis; car je suis

rinfini,jesuisrEternel;etcetterécompensevenue de moi, et que je suis moi-même, demeure Eternellement : Merces Deimanet in œternum(l).

Qu'est-ce encore que notre vie sur la terre?

Notre vie, c'est le combat, et encore le combat. Mihlia vitahominis super terram: combat du dehors et combat du dedans ; lutte universelle et lutte permanente, ne finissant jamais que pour recommencer toujours.

Or, à ces combats de toute notre vie du temps, qu'est-ce, pensez-vous, que réserve l'autre vie' Et du fond de toutes les luttes , au milieu de tous les champs de bataille où notre vie est aux prises avec tous ses ennemis, qu'appelle et qu'attend notreâme, sicen'estceque saintPierremontrait et promettait aux premiers chrétiens, à savoir , cet héritage que rien ne corrompt, ne souille, ni ne flétrit : Hœreditatem incorruptibilem incontaminatam et immarcessibilem (2); et dans ce royaume, notre légitime héritage, la gloire promise à ceux qui auront vaillamment combattu, c'est-à-dire la gloire Eternelle?

(l)Fccli. xvin, 22.

(2) i P<Mr. i,4 1

TÉMOIGNAGE DE l'.'.MK

Ah! cette ravissante perspective de l'Eternelle Gloire du Ciel , succédant à nos luttes temporaires de la terre, ce n'est pas l'Eglise seule qui l'entr'ouvre sur nos têtes , dans la rayonnante fête de tous les Saints; c'est notre espérance aussi qui du plus profond de notre âme, au flambeau de sa pure lumière , nous en fait entrevoir les splendeurs et nous en donne, avec le pressentiment prophétique, comme une invincible

certitude.

Qu'est-ce, enfin, que notre vie sur la terre? Ah! tout nous répond en nous et en dehors de nous '.Souffrance* Souffrances du corps; souffrance s de l'âme; souffrances du cœur.Etquelles

souffrances !

Eh bien ! qu'est-ce qui met et maintient au plus intime de notre âme cet indomptable courage de souffrir, de souffrir encore, de souffrir toujours, sans impatience, sans murmure et sans défaillance, les douleurs même les plus atjoces et les malheurs même les plus accablants?

Qu'est-ce , si ce n'est l'attente de ce paradis des éternelles joies, que l'espérance nous montre par delà toutes nos souffrances du

temps ?

Ah! ce besoin d'espérer, après ces souffrances

l'etkrnitjî

transitoires, l'Eternelle félicité, est si fort et si profondément ancré dans notre âme, que Dieu n a pu l'y mettre sans lui garantir l'objet de son espérance.

Aussi, nous tous qui plus ou moins souffrons sur la terre, nous sentons au plus intime et au plus vif de nous-mêmes, ce que nous révèle saint Paul.alors qu'il s'écrie: « Léger et momentané est le poids de nos tribulations du présent devant l'Eternel poids de gloire qu'il nous prépare dans l'avenir: Œternum ffloriœ pondus operatur in nobis (1). »

Et quand même saint Paul n'aurait pas révélé par sa parole cette vérité qui illumine d'un rayon divin le présent et l'avenir de notre humanité nous en aurions encore, au sanctuaire même de' notre vie, l'infaillible et consolante révélationcar là même, au plus intime de notre vie l'espérance, même celle qui ne s'inspire pas directement du grand mystère chrétien, nous dit comme saint Paul, et avec une certitude pareille ■ Après nos tribulations et nos souffrances de quelques jours, le festin de l'Eternelle joie : tel est le cri de l'espérance, surtout de l'espérance chrétienne; espérance pleine d'immortalité, et

(!) n. Cor. iv. 17.

TÉMOIGNAGE DE L'AME

ambitieuse de l'Eternelle vie: Spes immortalilale plena est (1).

Ainsi, vous le voyez, tout dans notre vie, le travail, le combat, la souffrance, nous parle d'espérance, et tout dans notre espérance nous parle d'Eternité.

Que dis-je? Tout ce que nous faisons de bien dans le temps, même quand nous n'y pensons pas, plus ou moins directement vise le permanent, l'impérissable, l'Etemel, enfin.

Quand nous pratiquons une vertu ; quand nous accomplissons un dévouement; quand nous consommons un sacrifice , surtout un sacrifice de nous-mêmes, que prétendons-nous? Voulonsnous que ce bien réalisé par nous meure et finisse avec nous? Non ; nous désirons, nous voulons qu'il dure ; nous voulons qu'il demeure, sous le regard de Dieu, une réalité permanente et vraiment Éternelle.

Tout en l'accomplissant, à un point de la durée, nous y attachons comme un sceau de perpétuité.

Et ce bien qui est nuire parce que, la grâce de Dieu aidant, c'est nous qui l'avons fait, nous prétendons, même après notre court passage

Sap. vu, 4.

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