‹ L'Éther: Considéré comme agent d'anesthésie généraleChapitre 14 sur 42 · ROSE · texte numérisé non relu

ROSE

mer la période d’excitation, ce physiologiste injecte du chlorhydrate de morphine avant de donner le chloroforme. Cette méthode, mise en pratique par MM. Rigaud et Sarrazin, de Strasbourg, M. Guibert, de Saint-Brieuc, MM. Labbé et Goujon, de Paris, Mollov, de Moscou, M. Aubert, de Lyon, a encore l’avantage de supprimer le danger de la syncope primitive, laryngo-réflexe, De plus, selon Mollov, l’action excitante de la morphine s’exercant sur les centres cardiaques à pour effet d’atténuer la diminution de la pression sanguine qui résulte de la chloroformisation. Cependant cette méthode est soumise aux contre-indications de la chloroformisation ordinaire (Duret, Sarrazin, Poncet) ; elle est également contre-indiquée en cas de morphinomanie (Ver neuil).

1869. — CnLoraz. — Oscar Liebreich introduit le chloral dans la thérapeutique. Ce corps, découvert en 1831 par Liebig, étudié en 1834 par Dumas et Stadeler, est d’abord considéré comme hypnotique et hyposthénisant, puis comme anesthésique. Introduit par les voies digestives, gastrique ou rectale, il est soporifique à la dose de 2 grammes, analgésique à la dose de 4 à 6 grammes, en 24 heures ; il peut devenir anesthésique à plus forte dose, mais alors il est plus dangereux que le chloroforme parce qu'il expose davantage aux syncopes (Dastre).

14870. — CocaINE. — M. Gazeau signale, dans sa thèse, l’action anesthésique de cet alcaloïde sur la langue et le. parois buccales. Il signale, par une action semblable sur l'estomac, la suppression des phénomènes de la faim chez les Indiens qui mâchent des feuilles de coca. La cocaïne a été retirée de la coca, en 1859, par Niemann (voir 1884).

1872. — CuLoRAL. — Oré, de Bordeaux, l’emploie comme anesthésique en injection intra-veineuse. On piquela veine, préalablement gonflée, avec une canule-aiguille, et l'on injecte de 4 à 10 grammes de chloral dans une solution au

DS

4/4 (au 1/5 pour Vulpian qui l’a expérimenté plus tard sur les animaux). On obtient ainsi le sommeil et une anesthésie complète. L'injection doit être poussée très lentement, pour éviter la formation de caillots et d’embolies consécutive, et une syncope cardiaque mortelle (ce danger à d’ailleurs fait abandonner le procédé d’Oré). L'action anesthésique du chloral, étudiée par la suite, a été diversement expliquée. Pour Gubler, CI. Bernard et Vulpian, elle est spéciale au chloral. Pour Arloing, l’effet anesthésique est dù au chloroforme qui résulte d’un dédoublement du chloral en chloroforme et formiate de soude (Thèse de Lyon, 1879). Pour MM. Naquet et Hanriot (Principes de chimie, 1883) le chloral passe en grande partie dans les urines ; « on doit donc lui attribuer une action anesthésique propre ».

1873. — MORPHINE ET CHLOROFORME. — Anesthésie mixte. — ProcÉDé DE NussBauM. — C'est l'inverse du procédé de CI. Bernard (voir 1869). Nussbaum donne le chloroforme avant la morphine si bien qu’il n'obtient aucun des avantages que donne le procédé de ce physiologiste. Aujourd’hui le procédé de Nussbaum est abandonné.

1873. — ProroxyDe D’AZOTE. — MM. Jolyet et Blanche montrent que ce gaz empêche la germination et arrête la végétation, mais qu'il ne tue pas les plantes soumises à son action. Il n’est donc pas utilisé par les tissus (voir 1876).

1874. — CHLORAL ET CHLOROFORME. — Anesthésie mixte. — M. Forné a l'idée d’administrer 2 à 5 grammes d’hydrate de chloral, en potion, quelque temps avant de donner le chloroforme. Cette méthode amène rapidement le refroidissement et le collapsus. Essayée par Dolbeau, Guyon, Maurice Perrin, elle est aujourd’hui abandonnée,

1876. — PROTOXYDE D'AZOTE. — Golstein attribue à ce gaz une action spéciale sur la sensibilité, indépendante de l’asphyxie qu'il détermine lorsqu'il est inhalé pendant plus de 80 secondes (voir 1878).

Page 1