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tête sur la poitrine (à cette époque les sujets étaient assis pendant l'administration de l’éther)..….. C'est l'instant d'opérer, car il ne dure que de quatre à dix minutes. Les opérés se réveillent en déclarant qu'ils sont restés à peu près étrangers à tout ce qui se passait autour d'eux et surtout au sentiment de la douleur ; quelques-uns disent avoir eu la conscience de ce qu'on leur faisait sans en ressentir le mal, Toute opération qui dépasserait ce temps ne pourrait pas être soumise à cet emploi de l’éther, à moins qu'on n’en répétât l’usage.
« On a remarqué qu'un des effets du sommeil produit par l’éther était de relâcher les muscles, de sorte qu'on peut employer ce mode de Fadministrer dans la réduction des luxations et de certaines fractures.
re On a remarqué que l’éther agit avec plus de facilité chez les femmes que chez les hommes, et surtout que chez ceux adonnés aux boissons alcooliques. L'effet général a été un état de bien-être très marqué, voluptueux même; ils éprouvent un sentiment d’extase très agréable, semblable à celle que cause le gaz hilariant ; plusieurs ont avoué qu'ils seraient heureux de mourir dans cet état (il s’agit des sujets soumis aux expériences). II y en a qui se sont réveillés en éclatant de rire, ce qui s'est prolongé chez quelques-uns un certain temps; d’autres ont fait des rêves agréables, d’autres ont été exaltés, etc. Il y a d’abord un tremblement général, auquel succède l'engourdissement, puis le sommeil, quelquefois si l’action de l’éther n’est pas portée trop loin, la vue continue, mais les sons diminuent, etc. Il reste un peu de confusion après le réveil, et un goût d’éther prolongé. Pendant le sommeil chez tous les sujets, on pince, on pique, on scarifie la peau, sans qu'ils sentent la moindre douleur, tous sont insensibles. Il faut bien se garder d'employer l'éther chaud, et d'en faire respirer les vapeurs près d'une lumière, à moins qu'on ne se serve de l'appareil
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à toile métallique de M. Charrière..…... Si on administrait trop longtemps l'éther, le sommeil devient cadavérique, c'est-à-dire que le corps devient froid, le pouls presque insensible, et les malades sont bien longtemps à revenir à eux (ce qui peut aller à plusieurs heures), aussi ne faut-il pas pousser l’inhalation en général au delà de vingt minutes... »
Les appareils à administrer l’éther, fort défectueux jusqu'alors, se perfectionnent assez rapidement, ainsi que le constatent les communications faites à l’Académie des sciences, dans la séance du 25 janvier. Le premier, Roux, signale les bons effets qu'il a obtenus avec des appareils perfectionnés : « Quatre ou cinq minutes ont suffi pour que l'inspiration de l’éther produisit la torpeur, et l'opération a été faite sans que la malade fit le moindre mouvement, sans qu'elle exprima la moindre souffrance... Même torpeur, même insensibilité complète après un même temps à peu près d'air éthéré pour un second cas... Il est remarquable, ajoute-t-1l, que l’espèce de cauchemar ou d’extase, le rêve, les hallucinations que déterminent les vapeurs éthérées, ont chez le plus grand nombre des individus le caractère de sensations agréables et presque voluptueuses ». Ayant assisté à des expériences d’éthérisation que de jeunes médecins pratiquaient sur eux-mêmes, Roux dit à ce propos: « En ma présence cinq ou six personnes ont été, les unes après les autres, assoupies par l’éther avec l'appareil de M. Lüer, en quatre ou cinq minutes ».. Velpeau rapporte une observation qui confirme ce fait: «... Le malade soumis aux inspirations éthérées est tombé tout à coup dans le collapsus, au bout de quatre minutes environ... ». Arago communique à son tour une note de M. Laugier qui vient à l'appui des précédentes. La malade, jeune fille de 17 ans, après avoir respiré, pendant trois ou quatre minutes, le mélange d'air et de vapeur éthérée, dans l'appareil dont
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l’idée est due à M. Gratton, dentiste à Cork, en Irlande, et qui a été exécuté à Paris par M. Lüer, a été plongée dans un véritable sommeil extatique. |:
La durée de cette amputation, dit M. Laugier, a été d'une minute et demie. J'ai ensuite lié les vaisseaux et j'allais commencer le pansement, lorsque la malade a repris connaissance en se plaignant d’être revenue parmi les hommes, ce sont ses expressions ; car, nous a-t-elle dit, elle se croyait pendant son sommeil avec Dieu et ses anges qu’elle voyait autour d'elle, Elle n'avait donné pendant l'opération aucun signe de douleur et quand je lui ai demandé si elle avait souffert, elle s’est écriée avec l'expression de l’étonnement: « Comment ! est-ce que ma cuisse est coupée ? »
Gerdy, qui s’est livré à des expériences sur lui-même, signale également les meilleurs résultats obtenus avec les nouveaux appareils: « Mes premières expériences furent exécutées avec un appareil imparfait, et je n'obtins aucun résultat remarquable. Mais, M. Charrière m'ayant apporté, le 21 janvier au matin, un appareil plus parfait, j'ai pu reprendre mes expériences avec plus de succès. Je me suis soumis à des inspirations d'air chargé d’éther au moyen d’éponges baignant dans une couche de 4 à 5 millimètres de ce fluide. Je respirais par un tube de 12 millimètres de diamètre, dans un flacon à deux tubulures, d’un litre et demi de capacité ». A l’occasion de ses expériences, Gerdy compare les effets de l’éther à l'ivresse produite par la bière ou à celle produite par le vin nouveau, quand on en a bu avec quelque excès.
Précisément, le lendemain, 26 janvier, à l’Académie de médecine, il est fait une comparaison analogue, En effte, dans une lettre sur les vapeurs d'éther M. H Landouzy annonce qu'il a endormi une dame de trente ans, très nerveuse, à l’aide de l’éther qu’il faisait inhaler par les deux narines, au moyen d’un double tube et d’un flacon soumis
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à une chaleur de 32°. « Au bout de vingt minutes, cette dame qui trouvait, du reste, l’expérience très agréable, dit éprouver l’excitation légère que lui causent ordinairement trois flûtes de vin de Champagne ». Une dent lui fut arrachée après 45 minutes d'éthérisation presque sans douleur. Expérimentant sur des lapins avec de l’éther, à la même température de 32, il put pratiquer de nombreuses incisions sans provoquer de douleur. Dans sa lettre, il signale égalementune hémorrhagie survenue une demi-heure après une opération qui nécessita la torsion des artères, et, à cette occasion, il préconise la surveillance des opérés sous l'éther.
A cette même séance, M. Honoré annonce qu’il s’est ser vi de l’éthérisation pour calmer une névralgie très douloureuse de la face et qu'il y réussit. Disons à ce propos que l’éther, dans de pareils cas, était en usage depuis longtemps. MM. Boullay et Chevalier demandent qu'on détermine la quantité d’éther à employer pour agir sûrement et qu'on soumette l’éthérisation à des règles constantes. Nous verrons qu'on s’y efforcera, mais sans grand succès. M. Renault communique le résultat d'expériences faites à Alfort par M. H. Bouley, professeur de clinique dans cette école. Un cheval et deux chiens ont été endormis et soumis à une opération qu'ils ont supportée sans souffrir. Un fait est à noter, c’est qu’on a injecté 16 grammes d’éther dans la jugulaire du cheval, et que le sommeil s’est produit presque aussitôt après l'injection.
Gerdy refait, mais avec beaucoup plus de détail, la communication qu'il a faite la veille à l'Académie des sciences, Il s’est soumis dans un but d’expérience à l'engourdissement par l’éther avant d’y soumettre les malades. Il rapporte que cet engourdissement croissait en lui à chaque inspiration ; «ilétait accompagné dans les organes sensibles d’une sensation de chaleur agréable et d’une sensation de four-