‹ L'Éther: Considéré comme agent d'anesthésie généraleChapitre 28 sur 42 · EE · texte numérisé non relu

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sistait pas à produire un commencement d’asphyxie.…. Si tout se réduisait, dans l’inhalation, à une simple asphyxie par privation d’air, on devrait observer les phénomènes d'ivresse éthérée, et notamment la perte de sensibilité, dans l'asphyxie ordinaire, ce qui n’a pas lieu... Cependant qu’on ne conclue point de ce qui précède que nous ne croyons pas à un peu d’asphyxie chez les sujets soumis aux inhalations éthérées ; loin de là, nous soutenons que les choses ne sauraient se passer autrement, les malades ne respirant qu’un mélange d’air et de vapeur éthérée variable selon la température ; la quantité d'oxygène qu'ils inspirent, dans un temps donné, est bien inférieure à celle qu'ils puisent dans l'air libre pendant le même laps de temps... mais nous croyons aussi que l’éther exerce une action spéciale à la fois sur le sang et sur le système nerveux, analogue, sous quelques rapports, à celle de l'acide carbonique et de la vapeur de charbon qui frappent d’insensibilité les sujets qui tentent de s'asphyxier ».

En terminant sa communication, Blandin recommande formellement « de ne pas entretenir la période d’insensibilité pendant tout le temps nécessaire à l’accomplissement d’une longue opération. Mieux vaudrait cent fois abandonner à jamais les inhalations éthérées, que de s'écarter un seul instant des règles de cette prudente réserve ». Le temps et l'expérience se sont chargés de nous apprendre combien était erronée cette dernière opinion de Blandin. Velpeau et Roux d’ailleurs, dès la séance suivante, celle du 30 mars, ne manquèrent pas de la réfuter victorieusement.

A l'Académie des sciences, le 12 avril, M. Doyère, dans un mémoire, observe que la température de l'éther et de l'appareil qui le contient éprouve un abaissement de 15 à 25 degrés durant une inhalation de six à dix minutes, ce qui diminue considérablement l’évaporation, de sorte que la dose de vapeur, qui était à l’origine de 20 0/0, n'est

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plus, au bout de six minutes, que de 8 0/0. Il ajoute, chose des plus importantes à noter au point de vue de l’application actuelle de l’éther, que l'action des températures artificielles double et triple l’évaporation, et de plus, que l'agitation de l'appareil accélère très rapidement l’évapo ration, l'influence des éponges introduites dans l'appareil étant de réduire l'évaporation. I est d'autant plus intéressant de noter ces trois observations que le chirurgien opère sous des latitudes diverses, à des températures variables suivant les saisons, et qu'il emploie aujourd’hui, tantôt l'appareil inhalateur Wanscher, tantôt le masque de Julliard(1).

Dans une lettre, à cette même séance, M. Pirogof, de Saint-Pétershourg, annonce à l’Académie qu'il a pratiqué l'éthérisation à l’aide d’injections d’éther dans le rectum, et, sans le moindre scrupule, s’attribue la paternité du procédé, alors que nous savons que Roux, au début de la méthode anesthésique, en a eu l'initiative.

Après avoir essayé l’anesthésie par le rectum chez des animaux, M. Pirogof mit en pratique ce procédé chez l’homme. A l’aide d’une sonde introduite dans le rectum et communiquant avec un vase contenant de l’eau à 400 Réaumur et de l’éther (pour favoriser la vaporisation de l’éther qui bout à 3506) il dit avoir obtenu la narcose ordinairement après trois à cinq minutes, sans suites fâcheuses, et avoir évité les inconvénients de l'inhalation.

Quelque temps après la communication de Pirogof, le 10 mai, M. Parchappe communique à l'Académie le résultat de ses expériences sur les animaux au sujet des injections d’éther dans le rectum. Il a introduit des vapeurs d’éther dans le rectum d’un chien. Celui-ci a traversé une période d’excitation très vive pendant laquelle il à été insensible à

(4) Voir le chapitre intitulé Les appareils inhalaleurs.

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