‹ L'Éther: Considéré comme agent d'anesthésie généraleChapitre 29 sur 42 · AAA · texte numérisé non relu

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la douleur. Soumis de nouveau à l’action de l’éther, ce chien finit par devenir insensible, il se refroidit..…. la mort arriva. A l’autopsie, M. Parchappe trouva une inflammation considérable de toute la longueur du tube digestif, ce qui n’empêcha pas M. Pirogof, qui très certainement lisait les Comptes-rendus de l’Académie des sciences, puisqu'il adressait ses rapports à cette société savante, de continuer ses injections rectales d'éther et même d'écrire un 7raité de l’éthérisation par ce procédé.

MM. Ville et Blandin, qui ont étudié les modifications de la respiration chez les personnes soumises à l’inhalation de l'éther, concluent de leurs expériences que l'acide carbonique produit par la respiration, pendant l’insensibilité, est beaucoup plus considérable que pendant la respiration normale. à

Le 21 juin, devant la même assemblée, Roux signale une opération de la taille qu'il a pratiquée avec succès sur un vieillard de 80 ans. Ce fait s'ajoute aux résultats heureux précédemment obtenus par Jobert et détruit les craintes exprimées au sujet du pincement possible des parois vésicales, pendant l’insensibilité, sans que le chirurgien en soit averti par la douleur qu'éprouve le malade.

Le 30 août, M. Sédillot, correspondant de l’Académie, adresse un rapport sur la question de l'éther, et c’est pour ainsi dire le dernier que nous aurons à enregistrer, et que nous ne pouvons omettre. Selon lui, personne n’est réfractaire à l’éthérisation bien conduite avec de bons appareils. Il y a seulement des différences dans la rapidité avec laquelle l’éthérisation s'effectue, en rapport avec les différences des inspirations plus ou moins amples et régulières des patients. Quelques-uns sont sidérés en 2 ou 3 minutes, d’autres en deux ou trois fois plus de temps. « L'éthérisation, dans ses expériences, a été beaucoup retardée quelquefois par des spasmes de la glotte, de la toux, du resser-

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rement des mächoires, mais exceptionnellement..… On doit distinguer, dit-il, avec grande attention, l'éthérisme de l’asphyxie. Tant que la respiration est régulière, le sang reste rouge dans les artères ». Comme il a déjà conseillé de le faire, ainsi que beaucoup d’autres, il continue à entretenir l’insensibilité par des inspirations d'éther intermittentes. De la sorte, il a pu prolonger l’anesthésie pendant une heure et demie. Les vomissements, dans cinquante cas qu’il a observés, ont été fort rares. Pour lui, contrairement à ce qu’on a prétendu, les opérations sur la bouche et la figure sont possibles, mais il faut alors plonger les malades dans une prostration absolue.

Dans ses opérations, ajoute-t-il, « la souffrance a été nulle, ainsi que la résistance des sujets indociles, les manœuvres opératoires moins gênées, plus régulières ; la sûreté n'est plus sacrifice à la rapidité : on n’a plus à combattre les contractions musculaires ». Telles sont, à ses yeux, les avantages de l’éthérisation.

Nous pourrions terminer ici notre historique de l’éthérisation, car, désormais, le Pulletin de l'Académie de médecine comme les Comptes-rendus de l'Académie des sciences ne nous offriront que des communications de plus en plus rares sur le sujet qui nous occupe. C'est que, en effet, Simpson, d'Edimbourg, vient de mettre en application les propriétés anesthésiques du chloroforme dont l'emploi va, très rapidement, se substituer à celui de l’éther ; cette substitution, on peut le dire, va s’opérer si vite qu'on ne peut s'en expliquer la raison. Il semble même que ce soit bien plutôt la mode qui en ait généralisé l'usage que les résultats favorables d'expériences physiologiques pratiquées sur les animaux, Car aucune tentative d’anesthésie par le chloroforme n'a été faite depuis les expériences de Flourens,

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si ce n'est celle de Fürnell sur lui-même, au mois de juillet. Quoi qu'il en soit, l'engouement — le terme n’est pas exagéré — est tel que ceux-là mêmes qui avaient obtenu les meilleurs effets de l'emploi de l’éther n'en veulent, pour ainsi dire, plus entendre parler et qu'ils ne font plus usage que du chloroforme. Quelques communications à l'Académie des sciences vont nous faire connaître les avantages qu'on lui attribue sur l’éther..….. et aussi quelques-uns de ses inconvénients, |

Pour M. Gruby (13 décembre 1847), les avantages du chloroforme sur l'éther sont: 1° que le sang, dans les artères, reste rouge sous son action, tandis qu’il devient noir sous l'influence de l'éther ; 2° que l’action enivrante est plus rapide et que la sensibilité se rétablit plus promptement si l'expérience est interrompue.

Selon M. Boyer, l'emploi du chloroforme est moins désagréable pour le malade et ne détermine point une excitation analogue à celle qu'amène si souvent l’éther.

Le chloroforme paraît à M. Sédillot, d'après une note de lui à l'Académie, destiné à remplacer avec avantage l'éther sulfurique. Les effets, dit-il, en sont généralement plus

. prompts et plus persistants. L'emploi en est beaucoup plus

facile. L’odeur en est agréable ; il ne se produit pas de toux ni d’irritation des bronches ; toutefois, le pouls et la respiration sont un peu plus fréquents.

« Il me paraît démontré, dit Velpeau, que le chloroforme anesthésie plus rapidement que l’éther. En une demi-minute, en une, deux ou trois minutes, au plus, le chloroforme rend les malades tout à fait insensibles ; tandis que l'éther exise en général de éinq à dix minutes pour produire le même effet ».

Il remarque en outre, fort justement, que Simpson, tout

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en citant le nom du chimiste, Soubeiran, qui à découvert le chloroforme et ceux des chimistes qui l’ont étudié plus tard, Dumas et Liebig, oublie de donner le nom du grand physiologiste, Flourens, qui en à découvert les propriétés anesthésiques. Et c’est là, disons-le, une légitime protestation contre un véritable acte de piraterie, aujourd’hui si fréquent lorsqu'il s’agit de questions de priorité.

M. Dumas, considérant le chloroforme comme un instrument puissant entre des mains habiles, mais aussi comme un agent très dangereux entre des mains inexercées, demande qu'il soit rangé parmi les poisons dont la vente libre est interdite.

Le 27 décembre, devant la même société savante, Amussat, dans une note, déclare qu'il persiste dans son opinion que le sang artériel, au cours de l'inhalation des vapeurs d'éther ou de chloroforme, devient brun. Il compare non pas le sang lui-même, veineux et arlériel, mais la coloration des vaisseaux, artères et veines, mis à nu; et, pour lui, ce fait est vrai aussi bien pour l'homme que pour les animaux.

Le 10 janvier 1848, toujours à l'Académie des sciences, car c'est surtout à l’Académie des sciences que la question de l’anesthésie a été discutée, M. Sédillot, dans une note, expose ses remarques sur les effets anesthésiques du chloroforme et de l’éther. « Le chloroforme, dit-il, est d’une saveur plus douce et plus agréable que l’éther ; il ne provoque ni répugnance ni suffocation, quand on sait en ménager les premières inspirations ; il est d’un emploi plus facile, et possède une énergie et une instantanéité d'action vraiment merveilleuses. Nous ne contestons pas ces avantages, mais ils nous paraissent compensés par dés inconvénients qu'il serait dangereux de méconnaitre. Lorsqu'on cesse les inspirations d’éther, le degré d'anesthésie peut se prolonger mais il ne paraît pas s'aggraver. De là notre

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règle d’intermittence fondée sur l'état de la respiration. En suspendant l'usage de l’éther au moment où l'acte respiratoire devient incomplet on prévient tous les accidents. II n’en est plus de même avec le chloroforme : la pâleur, la petitesse du pouls, la faiblesse des inspirations, le refroidissement vont en augmentant d'une manière alarmante après qu'on en à cessé l'emploi... Nous croyons indispensable de ne pas se guider seulement sur l'état de la respiration, comme avec l’éther, mais de suspendre l’action du chloroforme aussitôt que commence la résolution musculaire, période dont il devient imprudent de dépasser les premiers degrés. Nous reprochons encore au chloroforme de déterminer des accidents consécutifs, parmi lesquels nous signalerons une pesanteur de tête et un état de faiblesse très prolongés, des dérangements intestinaux et une réaction inflammatoire intense ».

Le 27 novembre 1848, Roux fait connaître à l’Académie des sciences, dans une note, que pour annihiler les douleurs qui suivent les opérations chirurgicales il suffit de faire de l’éthérisation locale (ou mieux de la chloroformisation locale, car il s’est servi du chloroforme, mais le mot chloroformisation n'était pas encore forgé), de plonger le moignon d’amputation dans du chloroforme liquide, pendant dix minutes. De la sorte on n’observe pas de douleurs consécutives à l'opération et la cicatrisation se fait plus rapidement, la suppuration étant de beaucoup diminuée. Roux, remarquons-le, venait de faire de l’antisepsie à son insu. Remarquons encore que Roux, dans cette note, répondait, contradictoirement, à l'opinion de certains chirurgiens qui prétendaient que les inhalations d’éther ou de chloroforme retardaient la cicatrisation des plaies opératoires.

Le 18 décembre suivant, M. Coze, de Strasbourg, expose, dans une note, la facon dont il comprend l’action de l’éther dans l’anesthésie générale. Pour lui, les vapeurs d’éther

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