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l'arrêt respiratoire, survient moins brusquement avec le chloroforme.
AVANTAGES DE L'ÉTHER. — L’éther offre moins de dangers dans la première période de l’anesthésie en exposant moins que le chloroforme à la syncope bulbaire (secondaire) — il n’a pas été observé de syncope primitive avec l’éther. — Toutefois M. Dastre pense qu'il y à autant de morts par syncope tertiaire que par syncope secondaire, € L'éther doit être préféré lorsque les conditions du sujet ou d’autres causes font redouter la syncope secondaire, lorsque le sujet présente une lésion du cœur droit et de ses orifices, conséquence d’une affection chronique du poumon. Au contraire, dans les opérations prolongées, dans le cas de lésion du cœur gauche, et enfin chez les enfants, le chloroforme conviendrait mieux » (Congrès de Nantes, 1876, Léon Tripier).
Notre dernier chapitre permettra d'apprécier les conclu-
sions de M. Dastre.
- Mode d'action des anesthésiques sur l'organisme. — L'agent anesthésique exerce son action aussi bien sur le règne végétal que sur le règne animal, ainsi que l’a démontré W. Clemens (Aecherches sur l’action de l’éther et du chloroforme sur les hommes, les animaux et les plantes, Berne, 1850) ; aussi, CI. Bernard attribue-t-il aux anesthé siques une action très générale. Ils agissent non seulement sur les animaux, mais aussi sur les plantes : c’est ainsi qu’ils arrêtent les mouvements provoqués chez la sensitive par des excitations extérieures, ainsi que les mouvements des anthères de certaines fleurs (de l’épine vinette par exemple). Ils « entravent la germination des graines tout en respectan dans la plante les phénomènes de respiration et de digestion » (Hayem).
CI. Bernard érige en loi ce fait que la substance anesthésique agit sur tous les éléments organiques sans exception.
Pour lui, la substance anesthésique exerce son action sur le protoplasma en le coagulant, mais ce n’est là qu’une déduction par analogie, car si, dans les expériences in vitro, l’éther et le chloroforme coagulent le protoplasma, substance demi-fluide, lorsqu'on les fait agir directement sur lui, il n’est pas démontré qu'ilen soit de même dans l’anesthésie. Pour R. Dubois (Société de biologie, 24 octobre 1885, 27 octobre 1888) la substance anesthésique exerce son action sur le protoplasma en le déshydratant. Mais, si cela est vrai pour l’éther et le chloroforme, cela ne l’est plus pour le protoxyde d’azote (Dastre). On admet toutefois que l’agent anesthésique agit sur toutes les parties de l’organisme et que son action est successive, ainsi que l’ont démontré Flourens et Longet, dès 1847. Ces physiologistes, ainsi que nous l'avons vu, ont également attribué aux anesthésiques une aclion élective sur le système nerveux central et CI. Bernard, dans ses Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxie, 1875, n'a pu faire autrement que de classer les phénomènes anesthésiques dans le même ordre que ces savants physiologistes. L’anesthésique, avant de frapper toutes les parties organiques, fait en quelque sorte un choix; il s'adresse d’abord au système nerveux, et il le frappe d’une façon progressive. En premier lieu, son action porte sur les hémisphères cérébraux, d’où résulte le sommeil. En second lieu, elle porte sur la moelle (cordons postérieurs), d'où abolition de la sensibilité. En troisième lieu, elle porte sur les cordons antérieurs et détermine l'abolition des mouvements, la résolution musculaire. Enfin elle atteint le bulbe, le paralyse, ce qui amène l’arrêt de la respiration et du cœur, c’est-à-dire la mort.
Mais, l’anesthésique, avant d’abolir la fonction de l’organe, l’exalte (Arloing, Académie des sciences, 25 août 1879) ; de à une période d’excitation qui précède la paralysie de l'organe. « Avec les anesthésiques foudroyants (Dastre),
comme le protoxyde d’azote, la phase d'excitation cérébrale, médullaire ou bulbaire est franchie d’un saut: la paralysie semble survenir d'emblée. Le chloroforme arrive en seconde ligne, avec une action moins rapide et des phénomènes d’excitation déjà très évidents. L’éther ferme la marche ; la lenteur de son action permet le développement prolongé des phénomènes d’excitation qui sont l'un de ses sérieux inconvénients ». « L'influence anesthésique, dit CI. Bernard, portée sur les extrémités périphériques des
nerfs cutanés ne peut pas remonter le long des nerfs sen-
sitifs dont les troncs conservent leur sensibilité ; et, pour frapper ces nerfs, elle doit nécessairement les atteindre par leurs extrémités centrales. En un mot, c'est sur le système nerveux central que s’exerce l'action du chloroforme et de l’éther, et l’anesthësie des centres nerveux enlève leur sensibilité aux nerfs sensitifs dont l’origine a été touchée,
tandis que le résultat inverse ne se produit pas, l’action du
chloroforme sur l'extrémité périphérique ou le tronc des nerfs sensitifs étant impuissante à produire une anesthésie généralisée .….
« La moelle épinière constitue un centre nerveux autonome, capable de fonctionner indépendamment du cerveau. Après avoir été sectionnée en un point, si l’on vient à anesthésier l'animal en expérience, le tronc inférieur de cette moelle, à laquelle le sang apporte l’anesthésique, devient insensible, et tout phénomène réflexe disparaît dans le train postérieur.
« L’anesthésie ne se produit que lorsque le sang chargé de chloroforme atteint les centres nerveux. »
Après des expériences sur des chiens trépanés, CI. Bernard conclut que l'anesthésie s'accompagne d’anémie cérébrale, mais il fait remarquer que, pendant la période d’agitation qui précède la résolution musculaire, il ÿ a hyperémie, comme cela se produit quand l'animal fait des efforts violents.
« Dans le système nerveux sensitif, dit-il, l'influence anesthésique ne paraît pas pouvoir remonter vers les centres, tandis qu’elle en descend, et le cerveau joue le rôle d’un centre principal qui peut influencer les centres secondaires de la moelle épinière, mais qui ne peut être influencé par eux. »
Une question intéressante et qui a passionné les physiologistes est celle qui a trait à l'apparence noire du sang dans un grand nombre d’anesthésies, aussi bien chloroformiques qu'éthériques. Elle a fait l’objet de nombreuses communications à l'Académie des sciences et à l'Académie de médecine de la part des chirurgiens et des physiologistes qui ont constaté le fait, et, notamment, de Amussat pour qui l’anesthésie n'était autre chose qu'une asphyxie commencante. Pour certains le sang était noir, pour d’autres il était rouge.
CI, Bernard a essayé de mettre tout le monde d’accord en disant : « Si les uns ont soutenu que le sang artériel devient noir pendant l’anesthésie, tandis que d’autres prétendent qu'il reste rouge, c’est que les premiers l’ont vu noir et les seconds rouge... Ils ont bien vu tous, car il suffit d’avoir de bons yeux pour cela, et ils n’ont pas pu se tromper en affirmant ce qu'ils voyaient... La vérité c’est que, dans l’administration des agents anesthésiques, tantôt il peut y avoir concurremment asphyxie, et tantôt il y a seulement anesthésie pure ».
Il semble bien qu'il doive en être ainsi, car la composition chimique des gaz contenus dans les appareils inhalateurs, pendant l'inhalation, comporte une diminution des proportions d'oxygène et une augmentation des proportions d'acide carbonique.
Il nous paraît logique de rattacher à ce chapitre une autre question sur laquelle on est loin d’être d'accord : nous voulons parler de l’application des anesthésiques à la parturi-
tion. Les uns en rejettent etles autres en préconisent l’emploi. Nous nous garderons de prendre part à ces débats. Mais nous devons examiner si les partisans de l’anesthésie obstétricale doivent préférer l'éther au chloroforme.,
Simpson fut le premier à faire usage de l’éther en obstétrique. Il s’en servit, dès le 19 janvier 1847, dans un cas de rétrécissement du bassin (Société obstétricale d'Edimbourg, 10 février 1847). Depuis il en continua l'emploi et s’en montra très satisfait, Il fut suivi, dans cette pratique, à Paris par Fournié, Deschamps, Dubois dont nous avons rapporté précédemment la communication à l’Académie de médecine, par Stolz à Strasbourg, Eugène Dumas à Montpellier, Hauser à Manheim, Siebold à Gættingue, Grenser à Dresde. Toutefois l'usage ne s’en répandit guère. On redoutait les hémorrhagies après l'accouchement. M. François Minot, médecin de l'hôpital général de Massachussetts, a étudié cette question : selon lui, l’éther ne produit pas d’hémorrhagie, mais il favorise l'écoulement sanguin chez les femmes faibles, surtout lorsque le travail de l'accouchement est laborieux et pénible (1).
Certains auteurs considèrent l’éther comme un auxiliaire utile en obstétrique pour calmer les douleurs, mais lui trouvent un grand inconvénient : celui de ne pouvoir être employé la nuit à cause de l’inflammation possible de ses vapeurs. En réalité cet inconvénient n'existe pas. L’accouchement est une fonction physiologique qui n’exige jamais l'intervention du thermocautère. Le danger d'incendie est donc illusoire. Quant à l’objection qui consiste à dire que l'accoucheur, en administrant l’éther, peut s’anesthésier luimême, nous pensons qu'aujourd'hui, avec les appareils en usage, on ne peut plus guère l’accueillir que par un éclat de rire.
(1) AUVARD, Petit manuel d'anesthésie. Paris, 1893. MERCIER 16
Enfin disons, pour An à une Adtre objection, que l'appareil dont nous recommandons l'emploi et dont on trouvera la description au chapitre suivant, est si peu. come ge pliqué qu'on ne peut mettre en parallèle 1° ennui dele porter dans sa poche avec les dangers RG le chloroforme fait encourir Fi F3 parturiente. Te Lu Faire