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chique.— Get accident se produit quelquefois, surtout dans les éthérisations « à l’étouffée ». Il n’est jamais subit, mais ne cesse pas avec l’insensibilité, aussi pourrait-il devenir grave et amener l’asphyxie si l’on n’avait soin de cesser les inhalations un instant, pour ne les reprendre qu'avec ménagements, en ne donnant que des vapeurs mélangées d'air.
11° L’éther produit la congestion et la cyanose de la face. — Ce phénomène s’observe chez les nerveux, les alcooliques et les enfants qu’on est obligé d’éthériser de force, Il n'est pas subit, Quand il survient, il suffit d'interrompre un instant les inhalations et de ne donner ensuite que de petites quantités d’éther.
12 L'éther produit l'asphyæie. — C'est un accident qu'on observe également avec le chloroforme. Il se produit « ou bien par un arrêt de la respiration, celle-ci restant libre d’ailleurs ; ou bien par un obstacle à l’hématose dû à l'hypersécrétion trachéo-bronchique qui obstrue les canaux aériens... Dès que la respiration commence à faiblir, dès que la trachée commence à s’embarrasser il faut suspendre les inhalations, donner de l'air au malade et procéder avec prudence. »
130 Les vapeurs d’éther se répandent dans la salle et l’imprègnent d’une odeur qui règne pendant des heures et des journées entières. — Il suffit de savoir s’y prendre pour éviter cet inconvénient, c’est-à-dire de ne pas verser l’éther à profusion.
140 L'éther produit le tremblement. — C'est un accident rare, particulier aux alcooliques ou aux timorés. Il est limité aux membres inférieurs. Il cesse souvent par la flexion du gros orteil. On l’évite presque toujours par une injection préalable de morphine.
150 L’éther s'élimine plus lentement que le chloroforme. — L'haleine de certains individus, après de longues éthérisations, sent quelquefois l’éther ; ce n’est là qu’un désagré-
ment ; mais les malades se réveillent présque toujours plus vite après l’éthérisation qu'après la chloroformisation.
160 L'éther abaisse la température plus que le chloroforme. — La différence est insignifiante : 0,53 pour l’éther, 0,52 pour le chloroforme.
AT L'éther occasionne des néphrites, des congestions pulmonaires et des pneumonies. — M. Julliard n’a rien observé de semblable. Relativement à l’albuminurie il cite les cas de Roux, déjà signalés, ainsi que l'opinion de Patein, également rapportée, suivant laquelle le chloroforme occasionnerait de l’albuminurie passagère une fois sur quatre.
180 L’éther ne peut pas être donné aux enfants. « Si l'éther arrête brusquement la respiration chez les enfants — alors il suffit de cesser les inhalations et d’un lavage de la face avec de l’eau froide pour ranimer les mouvements respiratoires — il laisse du moins le cœur tranquille; tandis que le chloroforme arrête le cœur chez eux comme chez les adultes, accident contre lequel on est sans ressources », raison pour laquelle on doit encore préférer l'éther. « De deux maux je choisis le moindre, dit l’auteur ».
Dans toute opération M. Julliard insiste pour qu’un médecin qui ne fera que cela et qui ne s’occupera que de cela, soit spécialement chargé d’administrer l’éther. « Dans les grandes opérations, le rôle de l’éthérisateur est aussi important que celui de l'opérateur parce que la vie du malade dépend de lui autant que de celui qui opère. Dans les petites opérations, il devient primordial, parce qu'ici la vie du malade dépend uniquement de l’anesthésie,
« L'éthérisateur doit avoir pour objectif :
1° D'endormir son malade le plus vite possible en évitant autant qu’il pourra l’excitation, les vomissements, la toux et autres menues contrariétés qui peuvent se produire ;
2° De maintenir ce sommeil pendant toute la durée de l'opération, sans que le malade se réveille trop tôt;
3° D’ohtenir tout cela avec le moins d'éther possible ;
4 De veiller attentivement aux accidents de l’éthérisation : et, s'il en aperçoit un, de ne pas se laisser devancer par lui.
« Et d’abord il faut se rappeler que LE PLUS GRAND 0BSTA- CLE A L'ANESTHÉSIE, CE QUI LA COMPLIQUE LE PLUS, CEST L'ÉTAT PSYCHOLOGIQUE DU MALADE.
« L'éthérisateur verse dans le masque environ 20 gr. d’éther. Il l'approche avec ménagements en le maintenant, pendant les premiers instants, à une petite distance du visage du malade pour l’habituer à l’odeur de l'éther, et laisser entrer l'air librement.
Il faut recommander au patient de fermer les yeux et la bouche, et de respirer par le nez. Les vapeurs inhalées par le nez s'emparent plus vite du cerveau. Elles se tamisent par leur trajet dans les fosses nasales, en sorte que l’irruption de l’éther est moins forte et moins soudaine, C'est le meilleur moyen d'éviter la toux, la salivation et l’hypersécrétion bronchique.
Puis, au bout d’une ou deux minutes environ, on verse une seconde dose semblable.
A ce moment on place sur le masque une serviette dont les bords retombent tout autour.
Cette serviette n’a pas pour but d'empêcher l'accès de l'air, mais de contenir les vapeurs d’éther qui s’échappent par dessous le masque, et qui, sans cela, se répandraient dans la salle.
Souvent, à la seconde dose, le sommeil arrivera,sinon on en ajoute d’autres, aussi bien qu’on le fait avec le chloroforme.
On ne doit pas laisser le masque longtemps en place sur le visage ; il faut le soulever de temps en temps par le manche pour inspecter le facies.
Il ne faut jamais verser d’éther dans le masque en quan-
tité suffisante pour qu'il dégoutte sur le visage du malade.
L’éthérisateur doit surveiller attentivement la respiration, surtout lorsque le malade est placé dans une position qui peut la gèner.
Tant qu'elle marche bien il n’y a rien à craindre ; si elle présente quoi que ce soit d’anormal, il faut prendre garde : enlever le masque et donner de l'air au malade. Ne reprendre les inhalations qu'avec prudence, et ne pas donner des vapeurs trop concentrées.
Enfin, dans les opérations qui se prolongent, il faut prendre garde à l’anesthésie à outrance. Ici la pupille sera un excellent esthésiomètre.
Pour les opérations de longue durée, je fais toujours une piqüre de morphine, ce qui permet de diminuer notablement la quantité d’éther ».
M. Julliard fait cette piqûre de morphine vingt minutes avant de commencer les inhalations et il fait, dès lors, observer le plus grand silence aux assistants et au malade pour que rien ne vienne contrarier l'effet de la morphine. De la sorte « le sommeil, dit-il, est obtenu avec moins d’éther et l'excitation ne se produit pour ainsi dire jamais ». Il associe l’atropine à la morphine selon le procédé préconisé par M. Dastre, pour arrêter la sécrétion des glandes salivaires (un centigramme de morphine et un milligramme d’atropine pour une injection). De la sorte il a obtenu quelquefois l’anesthésie lucide, pendant laquelle le patient quoique éveillé au cours de l’opération,ne ressent aucune douleur. Il rapporte quelques observations à l'appui de son dire. Toutefois, il recommande une piqüre exploratrice à cause de la sensibilité variable des individus à la morphine, pour éviter des accidents qui seraient encore aggravés par l'éthérisation.
« Un autre avantage de la morphine, dit-il, est d’atténuer dans une mesure très sensible l'effet défavorable de l’éther
sur les voies respiratoires, Les emphysémateux, par exemple, supportent mal l’éther. Avec une piqûre la fâcheuse impression qu'il leur produit diminuera d'une façon remarquable, jusqu'à disparaître complètement dans bien des Cas ».
Il ne donne pas de morphine aux enfants.
Il ne pratique donc pas l’Erstickungs-methode, l'éthérisation à l’étouffée, qu'il appelle la manière forte, par opposition à la manière douce qui est la sienne, parce qu'il considère que cette méthode est le meilleur moyen pour provoquer les accidents de l’éther, excitation, la toux, la cyanose, le stertor et l’asphyxie, et méme pour les accentuer et créer de véritables dangers pour le patient.
M. Julliard conclut :