‹ L'ÉthéromanieChapitre 17 sur 26 · Archives de Neurologie, 1910, p · texte numérisé non relu

Archives de Neurologie, 1910, p

Dans ce cas de delirium tremens éthérique, les hallucinations ont été surtout visuelles ;elles ont semblé moins abondantes, plus discontinues que dans le delirium tremens alcoolique. Dans notre cas, le lecteur à sans doute remarqué la monotonie des hallucinations. Le malade se tenait dans sa cellule, mobile plutôt par excitation, tenait tête à ses ennemis et les € bravait », attitude qu'on sait excessivement rare chez l’éthylique. Par contre, il avait opposé la violence la plus extrême aux infirmiers, quand on le portait dans sa cellule, il était plus agité qu’halluciné.

On n’a pas vu une micropsie diurne chez notre malade. De plus, il était impossible de la provoquer chez lui. Il est à remarquer que — point très important — l'angoisse ne suffit pas constamment à provoquer l’hallucination visuelle chez l’éthérique délirant. Il semble donc bien que les centres sensoriels soient ici moins fertiles et moins suggestibles que sous l'influence de l’alcool. En outre, les images sont moins confuses et plus nombreuses. Le D' Sauvet a vu dans son ivresse éthérique l’image d’une seule danseuse et non de plusieurs. Il est vrai qu’elle s’agitait beaucoup, mais sans changer de place (1).

Les hallucinations auditives semblent bien moins nombreuses que les hallucinations visuelles. Dans les hallucinations, les malades ont des adversaires

muets ; ils ne dialoguent pas avec leurs ennemis. Les

1 Leroy, Annales méd. psych., 1909.

DO

idées qui les dirigent sont à Le d’anxiété, motricité, hostilité, facteurs qui conditionnnt l’agressivité de l'éthéromane.

L’éthérique est anxieux pour aucune raison, «anxieux à vide», et d'autre part il se sent fort ; l’éthylique, lui, est surtout terrifié par les visions et par les voix ; de là toutes les différences constatées dans leurs attitudes. On ne voit guère chez l'alcoolique de périodes anxieuses dépourvues d’hallucinations. L’anxiété sans images visuelles est incompatible avec le deliriun tremens éthylique proprement dit. Enfin notre malade tenait tête à ses ennemis. Il les défiait. Un pareil trait dans le delirium tremens alcoolique ne se trouve pas.

Pendant le délire on a constaté peu de sueurs et un tremblement sans caractère propre ; après la crise il y avait mydriase. Le malade éprouvait une sensation de faim impérieuse au cours de la crise délirante ; dans le délirium alcoolique, c'est l’anorexie qui est la règle. Enfin l’amnésie, qui semble prédominante au lendemain du delirium tremens éthérique.

Le besoin de mouvement est constant, mais assez peu varié ; le malade peut rester une

étendu frappant d’une façon aveugle

demi-heure L'alcoolique, dans les mêmes conditions, change de place et de posture plus souvent, parce que son idéation halluci-

naloire est plus active, même si son excitation mo— trice est moindre (1).

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