‹ L'éthique de Giordano Bruno et le deuxième dialogue du SpaccioChapitre 14 sur 28 · II. (.. IÒ · texte numérisé non relu

II. (.. IÒ

du second livre du Spaccio), par le fait qu'elle nous met en relations avec Dieu, revêt une signification religieuse. Bruno range expressément la religion dans le domaine de l'éthique ; fréquemment, il emploie legge et religione comme des équivalents. De même que toute victoire et toute gloire sans vérité offensent Dieu, de même la religion vaut surtout dans la mesure où elle sert à la pratique, où elle postule et crée effectivement la moralité. Au surplus, les divers cultes, les u confessions » positives, dont Bruno parle dans le Spaccio, ne sont que des copies plus ou moins incomplètes de la religion plus pure du philosophe, à laquelle seule la Sagesse suprême est approximativement accessible, et qui. au moyen de « Tamour intellectuel », communie avec la divinité'. Car c'est uniquement lorsque le fini tend à faire retour à l'infini, lorsque l'àme s'absorbe en Dieu, que l'homme est en état de réaliser d'une manière à peu près complète et efficace les idées de la Vérité. Ainsi, l'éthique, à son point culminant, prend un caractère religieux. Ou, si l'on préfère, la morale pratique de Bruno, qui déjà reposait sur une métaphysique, s'achève en une morale mystique cjui la couronne logiquement. C'est à l'exposer, dans ses lignes essentielles, que sont consacrés les Eroici furori, dont nous sommes conduit à résumer Iç contenu.

1 « Les saints disent, en parlant des choses divines, qn'll fant les aimer pour les connaître, et qu'on n'entre dans la vérité que par la charité » (Pascal, Fr. SUI l'Esprit géométri'jue, p. i85).

l ni. — RAPPORTS DE CETTE ETHIQUE AVEC LE MYSTICISME, LA CONCEPTION RELIGIEUSE.

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