X. — Bu Perron de Castera
En 1738, parurent les Extraits de phaietirs pièces du Théâtre Espagnol, avec les réflexions et les traductions des endroits les plus remarquables, par M. du Perron de Castera, comprenant des fragments de Les Plaisanteries de Matico, les Castel' vins et les Monteses, le Triomphe de la Vertu, la Pauvreté de Renaud de Montauban, les Nouveaux Mariés de Hornachuelos^ le Roy Wamba, L'Amitié récompensée, Unon et Valentin, le Pijthagore moderne, et l'intermède intégral du Père trompé.
Avec ses traductions assez molles, Castera livrait cette recette à ses contemporains :
«On peut en tirer d'excellents sujets qui auront pour nous les grâces de la nouveauté. Il ne faut qu'adopter l'invention, simplifier les matières, élaguer les aventures, saisir les images» presser les mouvements et relever quelquefois le comique ».
Comme il avait reproché aux Espagnols de ne point posséder de pièces régulières, Don Martiano Luyando entreprit de prouver à Castera que ses compatriotes avaient écrit des tragédies « conformes au bon goût », et fouillant dans des recueils inconnus, il exhiba triomphalement de plates imitations, sans aucun caractère. (On a dit justement qu,; l'Espagnol se perd quand il veut imiter.)
Mais la force de conviction des c itiques français était telle qu'elle eut une répercussion irrésistible par delà les monts, et l'on vit alors Don Blasio Antonio Nasario y Ferriz appeler Lope «le premier crrrupteur du Théâtre Espagnol ». A l'en croire, ce n'est pas chez lui qu'il faut chercher des pièces capables de faire honneur au théâtre national.
tl^ous avons actuellement, déclare-t-il, des comédies entiè-
rement conformes aux règles de la raison et de l'art et qui necèdent rien à celles du célèbre Molière, ni de son imitateur Vicherley ».