ORIGINES HISTORIQUES DE U ÉTOILE DE SÉVILLE
Le sujet de La Estrella de Sevilla est tiré dos Chroniques. Cette pièce met en scène Don Sancho dit le Brave, fils cadet d' Alfonso surnommé l'Astronome, le Philosophe ou le Sage, au moment oii ce jeune prince tentait d'usurper le trône de Castille et de Léon, au détriment de son neveu, Alfonso de la Cerda, fils de son frère aîné, tandis que les Maures envahissaient le royaume. Sans doute les Cortés de Ségovie avaient-elles, dès leur réunion en 1276, reconnu Sancho comme héritier présomptif du trône tandis qu'Alfoiiso X disputait la couronne impériale à Rodolphe de H8lsl)flU^^^ Après avoir repoussé l'armée du Roy de Maroc Yakoul)-Ahou-Yousuuf, le nouveau roi parcourait le Midi de l'Espai^ne pour y faire reconnaître sou autorité, (celle-ci d'ailleurs ne devait jamais être complètement alformie car, pendant les neuf années de son règne. Don Sancho fut en guerre continuelle soit avec les factieux, soit avec lesMauresi, Séville étant la première cité qui lui lit accueil, c'est lors de son entrée triomphale en celte ville que commence le drame de l'Etoile de Séville.
Plusieurs passages de la pièce nous permettent de conclure, d'après le nom historique de certains personnages, comme Pedro de Caus, l'alcayde, (gouverneur) du château de Triaua, près Séville, que Lope de Vega n'a pas Inventé de toutes pièces l'intrigue de sa tragi-comédie mais qu'il a fait emprunt aux traditions Incales. La maison des Tahera subsiste encore, et l'on y montre aux curieux le nom des anciens maîtres écrit en lettres de fer sur la grille qui ferme l'entrée du patio, ainsi que la porte étroite et basse du jardin (calle delà Inquisición vieja) |)ar laquelle l'esclave mauresque introduisit furtivement don Sancho el Bravo.
Mais, en pareille matière, il est bien difficile de faire le départ entre le récit populaire et la légende créée dans un but mercantile, après le succès du drame, en vue de l'exploitation des touristes. Ne montre-t-on pas à Vérone une maison de Roméo et Juliette dont l'authenticité est bien douteuse mais où
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le cicerone n'iiésite pas à reconstituer en détail la tragiqae idylle des immortels amants ?
D'ailleurs il serait cruel de détruire, même preuves en mains, do telles illusions.il faut laisser à l'homme la douceur de croire, à laquelle nous devons le charme du rêve et la joie de créer.
De même le vieil arceau sous lequel, dit-on, Busto Tabera et don Sandio Ortiz tirèrent l'épée existait encore au milieu du siècle dernier quand l'édilité l'a fait disparaître.
A ce propos, un poète, dont M. Antoine de la Tour ne dit pas le nom (peut-être est-ce lui-même) écrivit ces strophes généreuses :