‹ L'Étoile de Séville;Chapitre 66 sur 85 · LE ROY, DON PEDRO, DON FARFAN, DON ARIAS · texte numérisé non relu

LE ROY, DON PEDRO, DON FARFAN, DON ARIAS

DON PEDRO

Sire, il a frappé, il avoue Mais il nous cache le motif.

LE ROY

Et... rien de plus ?

DON FARFAN

Non, rien de plus.

Quand on l'interroge il répond :

« Je ne sais rien, et rien, sinon Que j'ai promis. »

DON PEDRO

Trop de mystère...

LE ROY

A-t-il dit qu'on l'a provoqué?

DON PEDRO

Aucunement.

DON ARIAS

Etrange affaire !

LE ROY {à don Arias)

Allez lui dire que son Roy L'invite à se justifier.

Ajoutez qu'il est notre ami Et qu'il nous serait trop cruel D'avoir à le punir suivant

La loi terrible.

Mais qu'il nous dise seulement Pourquoi il a frappé Busto.

A-t-il exécuté un ordre ?

Qu'il parle donc ! A-t-il agi A l'instigation d'un autre ?

Enfin, quel motil l'a poussé?

Il s'expose, en restant muet, A mourir là comme un niais.

DON PEDRO

La mort est tout ce qu'il désire.

Il a la hâte d'expier V La mort de son meilleur ami Et déjà son crime l'a mis Hors de lui-même.

LE ROY

Accuse-t-il quelqu'un?

DON FARFAN

Non, sire, Il n'accuse personne, il n'accuse que lui !

LE ROY {à don Arias)

Le monde n'aura jamais vu Deux hommes de pareille race.

Et plus je songe à leur valeur Plus j'ai de regret, de douleur..; Les aurai-je fait se détruire L'un par l'autre? He'las, je voudrais Sauver au moins celui-ci... Mais...

{Haut) Dites-lui qu'il parle et m'accuse Moi-même, le Roy, s'il le faut, Ou demain sur un échafaud Il servira d'exemple aux hommes de Séville.

DON PEDRO

J'obéirai.

[Ils soi'tent).

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