‹ L'Étoile de Séville;Chapitre 75 sur 85 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

LE ROY, DON PEDRO DE CAUS (l'Alcayde).

L ALCAYDE

Sire, je suis aux pieds de Votre Majesté.

LE ROY

Vous à mes pieds, Pedro deCaus! Pour quel motif ?

l'alcayde

Cet anneau gravé de vos armes Est-il à Votre Majesté?

LE ROY

Oui, l'anneau royal vous protège, Parlez en toute sûreté.

l'alcayde

Se cachant sous un voile épais

Une femme s'est présentée Au fort de Triana dont je suis gouverneur,

Disant que Votre Majesté Ordonnait de remettre en ses mains Sanche Ortiz.

J'ai soumis cet ordre aux gardiens

Lesquels en voyant cet anneau Ont tous été d'avis qu'il fallait obéir.

On livre donc le prisonnier,

Puis celte dame nous a dit

Qu'elle l'a mis en liberté,

l'étoile de SÉVILIJE 271

Mais qu'il ne l'a pas acceptée

Quand il a reconnu la sœur

De ce Tabera, sa victime...

Elle part. En vain Don Sancho Voit s'ouvrir devant lui les portes du cachot.

Il ne veut pas vivre sans elle.

Il attend la mort, il l'appelle.

Il est là... Mais Séville est le juge suprême

Et doit décider de son sort.

LE ROY

Que devient Estrella?... Ce couple me surprend, Sonamouresttropbeau,soncourageesttropgrand^

Elle a pu lui pardonner, elle !

Malgré tant de raisons de se montrer cruelle Et dans un tel assaut de magnanimité Sanche Ortiz à son tour sort de l'humanité. Oui, leurs âmes sont surhumaines î Que tous les deux on les amène.

Page 1