‹ L'etoile du nordChapitre 59 sur 77 · TRIO · texte numérisé non relu

TRIO

- Gritzenko, Mon devoir est d'apprendre à Votre Majesté Que je sui*> caporal, bien connu, bien noté, Et ce que je voudrais... c'est de Tavanfementî

Pierre, souriant.

Vraiment!... quels sont tes droits?

Daniloivltz, bas à Gritzenko.

Parle! c'est le moment, II est de bonne humeur!

Gritzenko, toujours la main à son shako.

L'empereur, mon doux maître, Lors du dernier combat, se rapelle peut-être Gritzenko, qui reçut en dévoue sujet...

Pierre»

Une blessure...

Gritzenko.

Non! un soufflet!

Pierre et Danilo^ritz, étonnés.

Un soufflet!!!

Gritzenko»

Donné par un soldat, une jeune recrue Que j'avais établie, en faction, debout Auprès de votre tente î...

Pierre, le regardant,

Eb ! oui... rien qu'à sa vue Je m'en souviens!...

(-^ Danilowitz^ lui montrant Gritzenko.) C'est lui qui fut cause de tout!

ENSEMBLE. Gritzenko. Pierre.

Comme il me regarde! Plus je le regarde,

Je crois maintenant C'est bien lui vraiment,

Qu'il va, dans sa garde, Lui qui se hasarde

Me nommer sergent! Comme un suppliant.

Pour moi quel honheurl Lui! solliciteur,

Surtout quel bonneur Vouloir ma faveur

Que mon empereur Lorsque la fureur

Soit de bonne humeur! S'élève en mon coeur!

m L'ETOILE DU NORD.

Daiiiloiwitz.

Plus je le regarde, C'est bien lui vraiment, Lui qui se hasarde, Hélas! Timprudent Croit à la faveur Da son empereur, Lorsque la fureur Fait battre son cœur!

GrPitzenllO^ passant près du czar et s'' adressant à lui. C'est à votre service et sur ma joue... émue Que George Skavronski, cette jeune recrue, M'a frappe d'un soufflet! moi, son supérieur. Danlloiwitz^ bas à Gritzenko^ qui est placé entre lui et le czar» Tais-toi! ce souvenir va le mettre en fureur!

En fureur j je comprends. La stricte discipline Voulait qu'on fusillât, et le czar s'imagine Que ce jeune soldat s'est échappé

Pierpej vivement.

Morbleu !

C'est là le mal!

Gritzenko^

Non pas, j'aime à le croire!

Pierre et Daniloivit , vivement.

Ce f^u'il est devenu, tu le sais donc? Oritzenko»

Un peu!

Mais je n'ai pu naguère achever mon histoire. Pierre et Oailiioiwitz^ le pressant fous les deux et avec joie. Parle, nous t'écoutons!

Oritzenl&o^ Voyant mon prisonnier s'enfuir à la sourdine Et braver à la nage ainsi la discipline^ J'ai saisi mon mousquet!,,, et le coup est parti! Pierre^ pousse un cri et tombe en chancelant sur une chaise. O ciel!

DaiiilOUritz, avec effroi.

Atteint?...

CrriizenilLOy avec satisfaction.

Je crois que oui.

Pierre, avec désespoir^ et cachant sa tête dans ses mains. Tué ! ! !

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