ACTE PREMIER. H
galanterie fait partie des droits, presque des devoirs du monde auquel nous appartenons, et si on l'en retirait tout à coup, ce inonde ne serait plus tenable. Fais donc ta cour à la duchesse, mon cher Guy ; plains-la, dis-lui môme un peu de mai de moi, pas tropl moi, je me contente de te dire que tu perdras ton temps, et le jour où un mal-appris quelconque trouvera extraordinaire ce que, moi, je trouve tout simple, c'est à moi qu'il aura affaire, (mai met la main surrépauie.) Va, mon cher Guy, va, la duchesse est toute seule, c'est le moment ; et nous, monsieur Rémonin, allons prendre une tasse de thé.
Pendant ce temps, Catherine s'est approchée de la fenêtre, qu'elle a oarerta, et elle regarde dans le jardin comme si elle prenait l'air et en se cachant è moitié le yisage ayec un érentail. Les autres personnages prennent le thé et causent en groupes dirers dans le premier salon*
G UT, s'approchent de Catherine.
C'est le duc qui m'envoie vers vous.
CATHERINB.
Four ?..
GUT
Pour que vous ne soyez pas seule.
CATHERINE
Il est bien bon. Si je suis seule chez moi au milieu de tout ce monde, c'est que j'ai envie d'être seule.
GUT
Alors je me retire.
CATHERINE
Non.
GUT
Qu'est-ce que vous avez ?
CATHERINE
J'ai chaud.
GUT
Et qu'est-ce que vous faites là ?
CATHERINE
Je me rafraîchis*
GUY
Cette spirée est humide. Vous allez vous rendre malade.
Qu*est-ce que ça peut vous faire ?
GUY
Vous le demandez !
CATHERINE
C'est vrai, vous m'avez dit, quand cela? hier, je crois, que vous m'aimiez ! Que vous m'aimiez, qu'est-ce que cela peut signiûer?
GUY
Le grand avantage de ce mot, c'est qu'il est clair.
CATHERINE
Et élastique, et sonore, et vide, et injurieux, et bête, et inutile!
GUY
C'est pour cela que votre mari m'autorise à vous le dire tant que je voudrai. Il sait que vous n^y croirez pas.
CATHERINE
Il a raison.
GUY
Et à mon amitié f
CATHERINE
Pas davantage.
GUY
A quoi croyez-vous donc?
A rien, heureusement.
GUY
Vous devez souffrir beaucoup ?
CATHERINE
J'ai quelquefois des migraines.
GUY
Ce n'est pas d« ces souffrances-là que je parle.