ACTE PUliMIER %h
CATHERINE
Si VOUS voulez.
GUY
Alors, je devine pourquoi vous êtes si agitée en ce moment. Ce n'est pas difficile.
CATHERINE
Pourquoi suis-je agitée?
GUY
Vous avez revu cet homme ce soir; il était dans cette foule. C'est pour cela que vous avez remonté si brusquement ici. Vous Taimez toujours.
CATHERINE
Je le hais.
GUY
C'est la môme chose I Voulez-vous que j'aille le chercher ?
Vous seriez capable de faire cela?
GUY
Je suis capable de tout pour vous.
CATHERINE
Et votre amour? Qu'est-ce qu'un amour sans jalousie ?
GUY
Qu'est-ce qu'un amour sans dévouement?
CATHERINE
On dirait que vous êtes sincère.
GUY
Essayez. Dites-moi la vérité, et je vous jure, non pas de C3sser de vous aimer, mais de vous aimer autrement.
CATHERINE
Et un jour, plus tard, on ne sait pas ce qui peut arriver ! Un premier amant par amour, un second par dépit, et les autres par habitude. Et quand on est déjà l'ami, on peut être
t2 L'ÉTUANGERE.
un de ceux-là I N'est-ce pas ainsi que cela se passe? mais, moi, je ne comprends rien à vos galanteries légales et ingénieuses qui trompent à la fois Je mari et Pâmant. Le jour où je serais sûre d*aimer, d'être aimée surtout, j'appartiendrais tout entière à mon amour, je prendrais toute la vie de Thomme que j'aurais cru digne de moi, je lui donnerais tcule la mienne et je partirais avec lui...
GUY, Toyant un domestique qui 8*approcbe de la duchesse.
Prenez garde, en vient...
Ça vous tire d'embarras.
LE DOMESTIQUE, présentant un plateau ayeo une carte
à Catherine.
La personne qui fait remettre cette carte à madame la duchesse attend la réponse dans un des salons du rez-dechaussée.
CATHERINE, qui a lu.
Quelle insolence!
Gur.
Qu'est-ce que c'est ?
CATHERINE, lui tendant la carte qu*elle a reçue.
Lisez!..
GUY, après avoir lu.
Et qu*avez-vous répondu?
CATHERINE, qui a écrit pendant ce teaips'>lk sur une carte k «Ue. Ce que je devais répondre, (au domesUquo en lui remettant la carte sur laqueUe elle a écrit.) Voici la répOUSO. (Haut et s'adressant aux autrei
personnages.) Qui de VOUS, mesdames, peut me donner des renseignements certains sur une dame étrangère qu'on nomme mistress Glarkson?
MADAME D^HBRMELINBS.
Je ne crois pas qu'il y ait une seule femme de r.otre monde qui puisso vous parler de cette dame autrement que par ouïdire, car je ne ci^ois pas qu'il y en ait une seule qui lui ait jamais adressé la parole ; mais je ne crois pas non plus que parmi ces messieurs il y en ait un seul qui ne la connaisse