ACTE DEUXIEME
CATHERINE
Avez-vous essayé de m*oublier?
GÉRARD
Non.
CATHERINE
Vous valez mieux que moi ; car j'ai fait mon possible pour vous oublier et môme pour vous en vouloir.
GÉRARD
Vous aviez une excuse : vous apparteniez à un autre; mais, moi, j'étais libre.
Vous n'avez pas disposé de cette liberté?
GÉRARD
Jamais.
CATHERINE
Pas une seule image n'a passé entre vous et molT
GÉRARD
Pas une.
CATHERINE
Cette femme?
GÉRARD
Quelle femme?
CATHERINE
Qui est venue hier ici..^
GÉRARD
Mistress Clarkson?
CATHERINE
Oui; comment la connaissez-vous?
GÉRARD
Elle m'a probablement sauvé la vie.
CATHERINE
Vous avez manqué de mourir?
GÉHARD.
Oui.
CATHERINE
Ah! mon Dieul que serais-je devenue si c'était arrivé? Où cela?
GÉRARD
A Rome.
CATHERINE
Pourquoi ne me l'avez-vous pas fait dire ?
GÉRARD
Qu'auriez-vous fait?
CATHERINE
Je serais partie, je serais aliée vous soigner.
GÉRARD
On ne vous aurait pas laissé partir.
CATHERINE
Ohl que sil
GÉRARD
Non; car c'était justement pendant les premiers jours de votre mariage.
CATHERINE, cachant son yisage dans les mains.
Malheureuse que je suis! Et c'était cette femme qui était là?
Non, je ne l'ai pas vue alors. J'avais pris les fièvres. J'étais fort modestement et fort dangereusement logé dans une de ces rues humides qui relient Rome à la campagne. Le médecin qui me soignait, un Français, raconta, par hasard, à mistress Glarkson la gravité du mal et l'inquiétude qu'il avait. Il fallait que je fusse transporté dans un endroit sain et très-aéré. Ûistress Glarkson, qui partait pour Naples le lendemain, mit à la disposition du docteur, pour moi, une maison avec un grand jardin qu'elle possédait à Albano. C'est là que je guéris Je partis alors pour Naples, où j'allai la remercier.
CATHERINE
Continuez... continuez...
GÉRARD
Elle vivait somptueusement; elle recevait tous les hommes