ACTE TROISIEME
vous avais fait préparer votre appartement, comptant que vous descendriez tout droit ici.
GLARKSON.
Je craignais de vous déranger.
MISTRESS GLARKSON.
Vous savez bien que vous ne me dérangez jamais, et que vous êtes chez vous quand vous êtes chez moi.
GLARKSON.
Pas partout.
MISTRESS GLARKSON.
Je vous abandonne toutes les chambres de l'hôtel, si vous voulez.
Excepté une.
MISTRESS GLARKSON.
Il faut bien que je loge quelque part. (EUe sonne.) Ainsi c'est convenu, je le désire. (Au dompstique.) Faites prendre les bagages de M. Clarkson au Grand-Hôtel, et qu'on les porte dans l'appartement qu'on a préparé.
GLARKSON.
Du reste, je compte repartir dans deux ou trois jours.
IIISTRBSS GLARKSON.
Alors, ne perdons pas de temps, et donnez-moi des nouvelles de Noémi-Gity.
GLARKSON.
La ville de Noémi, c'est son véritable nom, et elle ne devait pas en avoir d'autre; car c'est réellement vous qui avez créé cette ville.
Il Uré un cigare dé 8a t>ooiiè.
MISTRESS GLARKSON.
Qu'est-cë que vous faites là?
GLARKSON.
Je prends un cigare.
MISTRESS CLARKSON
Pourquoi fair^^
li L'ÉTRANGÈRE,
GLARKSON.
Pour fumer.
HISTRESS CLA.RKSON.
On ne fume pas ici.
GLARKSON.
Vous voyez bien que je ne suis pas chez moi. Je croyais que vous ne receviez que des hommes.
HISTRESS GLARKSON.
C'est vrai^ mais je ne leur permets pas de fumer ; je vous le permettrais peut-être cependant à vous, pour vous dédommager de tous les chagrins que je vous ai causés, si, par hasard, je n'attendais aujourd'hui une dame.
GLARKSON.
N'en parlons plus ; pardonnez-moi -, vous savez ce que c'est que l'habitude, (n remet son cigare dans sa poché.) Voilà le plan do
votre ville, (u prend dans ane autre poche uo papier qu'il déploie.) J'ai
choisi une place, comme je vous l'ai écrit alors, dans l'Utah, bien avant l'inauguration du chemin de fer du Grand-Pacifique. Comme j'avais acheté à une très-grande distance aux alentours tout le terrain qui n'était pas concédé à la compagnie; comme j'avais commandé d'avance tout ce qu'il fallait à Chicago, où Ton fait des maisons en bois qui se montent, se démontent et se transportent comme vous savez, les premiers trains qui s'arrêtèrent devant la station qui devait devenir Noémi-Cily m'apportèrent un hôtel, un restaurant, une maison de jeu, une école, une imprimerie.
UISTRESS GLARKSON.
Et une église?
GLARKSON.
Et une église, naturellement, que nous louons, tour à tour, aux différents cultes. Au bout d'un mois, le camp était une ville, avec un véritable palais au milieu, le vôtre, qui vous attend toujours et qui est prêt à vous recevoir quand il vous plaira d'y venir. Nous publions un journal. U ne nous manque qu'un théâtre, que nous aurons avant six mois. Ce que^ dans