‹ L'étrangère (volume 2)Chapitre 15 sur 93 · LIVRE I* a · texte numérisé non relu

LIVRE I* a

de charmes pour un espril enthousiaste l Les esquifs dorés et fleuris , leurs nobles el hrillans passagers ^ leurs concerts pleins de mélodie, leurs éblouissantes clartés, n^ont plus un seul regard d^ Arthur ; cVst le batelet solitaire ^ et ses inconnus invisibles , dont le furtif pèlerinage absorbe toutes ses pensées^^

« — Gondoliers, dit le comte Arthur, diri- }> gez-vous, s^il est possible , vers cette nacelle » écartée qui cherche à fuir dans les ténè- » bres. Je serais curieux de connaître les » passagers bizatres qu^elIe promène sur les » ondes. »

Le pilote lui obéit ; et malgré les efforts que fait la petite barque pour éviter la rencontre de la gondole: armoriée , il parvient à s^en approcher^ et la heurte presque au paçsage.

Les brillantes lumières dont est chargé Tesquif du suzerain , se reflètent sur Fobscur

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batesm<;[ Arthur y pldnge ses regards. Une figure enchanteresse^ assise à Técàrt et trem-blante , est là , vêtue de noir et voilée. Quelque chose d^idéal ^ de vaporeux Fentoure d^un charme magii{tie ; Tesprit et Famé en soiit troublés. Son habillement est lugubre ; mails le léger souffle des vents entrWvre les plrs deson voile, et le plus céleste -visage s^est ofiertl à la vue d^ Arthur. Ses traits sont pleine de mélancolie^ '^mais Us n^en sont que plus ^ouchaiis^ c^sst Hélène pleurant sur Troie t^ V^nflEis au tcmbemï d^Adonis, Galatée fuyant Polyphème, Euridice aux rives du

L^errante. déi«é:;d^ ïac a rencontre 1^ yeux d^Arthur, etses joues «e sont côJorees...* IL^est des regards inconcevables et qui décident d^une vie : étincelles embrasées qui sMebappent de deus chœurs k la fois^ ils y établissent t^u^-^oup un echange^ de sen-

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timens j tm commerce mystérieux. Anneaux impalpables d^ùne chatne brûlante , em-* preints d^une forée électrique , ils serrent de passage aux pensées ^ et de conducteurs à Famoiir.

D^un mourement rapide 9 la trop sédui-**sante inconnue a refermé les plis de son voile. Que de modestie en son geste ! que de grâce en son attitude ! Cest le maintien plein de majesté de la reine du mont Ida ; cVst la fraîcheur 9 ce sont les diarmes des vierges du temple de Guide.... La barque a disparu dans Fombre ; le comte de Ravenstel croit avoir rêvé cette image ; elle est hors de toute pensée : peut-être même elle est trop belle , . trop idéale , trop divine ^ pour pouvoir s'^empreindre à Finstant dans le soave** nir dHîn mortel.

Une exclanmti<m vive et brusque llarrache a son extase prolongée. « — Alalheur ! mal*

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» heur ! dit le pilote , à la fête de Montolin ! » Ce bateau, porte l^trangère. Malheur au )} castel! ell^ en vient. Malheur à nous!

n noBis Tavons vue.

» — Que dites*vous ! sMcrie Arthur ; qui ?

» Elle! porterie malheur! Elle semble une j» sœur des anges. »

Olburge à froncé le sourcil* « — EUe est » bien telle , répond-il , que la voix publique » la peint; une fille artificieuse ^ une aventun rière hardie: du vague ^ des détours, du }> mystère, je reconnais là ses armes. EUe }) s^est retirée , dit-elle , dans la solitude pour M cacher ses maux et ses larmes , est-ce ainsi }) qu'ion fuit les regards? Lorsque vraiment » on est à plaindre et qu'on cherche à vivre » honorée, court-ôn sur les ondes la nuit, » au milieu des joies d'une fête, dansée sin- » gulier appareil? Un bateau sombre, un » voile noir , un air modeste et douloureux,

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