LIVRE I
» quelle ridicule parade ! Elle a pris uu de- )> hors sinistre pour contraster avec la fête * » et se mieux faire remarquer. C'est bien le » manège effronté des créatures avilies gui » de tous côtés, sans pudeur, jettent au n hasard leurs filets, et croient partout » trouver des dupes. »
Ces mots secs et désenchanteurs ont resserré le cœur d'Arthur; il veut défendre Y Etrangère, mais l'esquif aborde au rivage; et les honneurs dont on le comble, les hommages dont on l'entoure ont bientôt distrait sa pensée de la vision merveilleuse.
Cependant , marchant au castel parmi la multitude empressée, Arthur songe. à l'hymen, futur qui doit l'enchaîner à Izolette.
Olburge l'en a entretenu depuis sa plus tendre jeunesse ; mais , soit habitude . de considérer son avenir comme décidé , soit insouciance à y réfléchir, il ne lui est ja-
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milis venu àPesprit que cette alliance pût se rompre. En ce moment , pour la pre« mière fois 9 it pense arec un secret plaisir que nul serment tf est sorti de sa bouche ; qu^il n^a pris aueup engagement irrévocable ) et quHl nV promis de marcher à Pautel que s^il trouvait dans Izolette une épousé selon son cœur. Il se dit : « Je suis libre » encore. »
Ravenstel est introduit dans les grands ga-* Ions dumanoîr. Le luxe y déploie sa splendeur* Il voit briller autour de lui 9 à Téclat de mille flambeaux , le marbre , For, les pierreries, tout le faste de Populence. Des colon-» nés enlacées de. guirlandes, des tentures d'^étpifes d^argent , des vases de parfums , des tapis semés de flèur@ , une profusion de lu-* mières , les sons mélodieux d'un savant oiw cfaestre, le murmure Joyeux d'une foule
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cmcrrefllée î quel tableau ! que d^enchaute^ mens ! Et , confiné dès le berceau dans la plus triste solitude , Ray enstel nVvait encore vu ni palais , ni grandeurs , ni fêtes.
Bien que peu fait aux usages du grand inonde , il a traversé sans nul embarras les brillantes salles du casteL Jeune ^ beau ^ comblé des dons de la nature, Arthur, par ses titres et par son rang , était entré puifr» sant dans la rie. La noblesse de son port , Pélégance de sa stature , et les grâces de son maintien, tout le distinguait sur la terre de la niasse de ses semblables. Il ne lut fallait pour plaire ni étude ^ ni art^ il lui suffisait de se montrer, il n^avait qu^à rester lui-^ même. Il n^ignorait point que seisi aïeux avaient long-temps gouverné la Bretagne ; et sans avoir IWgueil des superbes , il avait Faisance des grands. Ah ! que ce soit préjugé ou non , l'iiomme âlustré par ses ancé«-
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très, qiii peut s^appujer sur le passé , a bien des forces pour Tayenir , et bien des droits dans le présent.
Environnées d^une cour nombreuse de chevaliers 9 les jeunes beautés du canton sont réunies dans une vaste rotonde. Arthur les contemple avec ravissement jFélégance de leurs parures rehausse Téclat de leurs charmes; cVst un essaim de déités, un cercle des bosquets d'^Élide , un groupe du palais de Flore.
Le sire de Montolin vient au-devant d'Arthur; il le presse contre son sein , et le présente à Félite des paladins de la Bretagne qu'il a rassemblés à la fête. Le premier d'entre eux qu'a distingué le comte de Ravenstel est le baron de Valdebourg; jeune encore, il est d'une stature héroïque ; et l'expression de ses traits dénote une ame ardente et