‹ L'étrangère (volume 2)Chapitre 25 sur 93 · LIVRE II · texte numérisé non relu

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traite. L^immortel Amadis, selon la tradition, était né sur la même rive que lui ; Lancelot duXac, et Tristan de Léonais, illustres guerriers de la table ronde, étaient enfans de TArmorique (1). Arthur était fier de sa patrie; Abeilard, un des génies delà Bretagne, était admiré de PjEurope ; et les vierges de Tîle de Saine remplissaient encore la terre tant du souvenir de leurs charmes que du récit de leurs prodiges.

Arthur est seul ; il réfléchit sur son avenir. Izolette lui a paru belle , il admire son vif éclat ; mais elle n'est point telle qu'ail se Pétait représentée ; elle n'est point ce qu'il désirait; elle ne ressemble aucunement à l'être idéal que dans ses songes d'adolescence il

(i) ( Voy. Précis de l'Histoire de Bretagne, par Richer, i'« livraison, p. ag. ) ,

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s^était phi à parer de toutes les perfections , et vers lequel il s'élançait en espérance de toutes les forces de sa pensée y de toute la fougue de son printemps. Hélas ! il n'ose se le dire ; mais tous les talens d'Izolette, sa splendeur, son brillant esprit, son entourage ravissant , tombaient effacés à ses yeux de- Vaut une seule magie , le mélancolique regard de Fenchanteresse du lac.

Seize ans est Fâge dlzolette; elle était encore au berceau lorsqu'elle avait perdu sa mère. Unique héritière de Montolin , elle avait ^té élevée par son père à donner un libre essor à toutes ses pensées , à suivre en pleine liberté ses volontés et ses caprices. La nature , heureusement , Pavait douée d'un cœur généreux et sensible ; et bien qu'irréfléchie , imprudente , elle avait conservé dans toute sa pureté son innocence virginale. Jamais esprit ne fut plus noble , jamais ame

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plus bienfaisante ; mais telle qu^une glace à facettes , elle offrait à chaque moment , elle présentait tour à tour les images les plus dîvei^es , les tableau^ç les plus variés. CMtait un prisme éblouissant , mais dont Téclat far tiguait peut-être. Hélas ! pourquoi lui ren procher tant de couleurs vives et chan-* géantes ! Toutes ces couleuirs étaient belles , tout ce brillant était sans tache. ,

Arthur voulait cpie la compagne de sa vife eut besoia d^ lui pour être heureusj^; Iz^leùe rétail; ^ déjà sans avoir be$oip de personne. Le comte de Ravenstel désirait être lé guide^ le soutien, le protecteur de son épouse jrhéritÂère du castellui paraissait fait e au contraire pçur être elle-*méme un apjmi. Peu content dlelle et de-i^és propres 9^nsations,;il scmgé auK terribles paroles. du batelier, aux soupçons injurieux qui planant sur TEtrangère, à Fincendie de la tourelle, au présage qu^on

en a tiré ; et le cruel dieu du sommeil ne vient point fermer sa paupière.

Les derniers flambeaux de la fête féodale avaient pâli devant le premier rayon de Faurore; Arthur a saluéle jour naissant; il se lève , il a besoin de mouvement et d^exercice. Quand Pâme est agitée , le repos du corps est un supplice. Avant le réveil des habitans du castel , il a passé le lac sur une barque de pêcheur , s'est fait attendre par un écuyer sur Fautre rive , et déjà , monté SUT un léger coursier, a traversé seul la campagne.

Où se rend -il? A Karency. Toujours constant dans ses idées y il tient à exécuter le projet qu"*il a conçu la veille ; un invincible attrait lui fait désirer de revoir les murs où la belle Agnès de Méranie pleure son époux et son trône. Karency n'est qu'à »

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