LITRE II
» — Non seigneur , répond Fëtranger ; je » puis continuer ma route.
» — Allez-vous loin ? . .
» —Je vais à Nantes : j^espère y pouvoir » ofirir mes derniers services au duc de » Bretagne) et y obtenir Tipsigae honneur » de terminer mon existence au milieu de » ipes frères d'^an^QS^ .
>i — Philippe dç Dreux vous connaît ?.
» — Non ; mais j"*ai . naguère servi $ou^ >) les ordres du sire de Montolin ; et je porte » au duc de Bretagne. un écrit de mon ani- » cien chef, par lequel j^obtiendrai sân« » doute, le bonheur de mes derniers jours.
» — Ua écrit du sire de Montolin ! et M quand vous Fa-t-il feit remettre ? . .
» -*- Hier, seigneur, pendant la fête. Ppur » célébrer Theureux anniversaire, il a dis-p* » tiribué des grâces et de Targenf ; j^ai été » du nombre de ceux qui ont pu arriver
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» jusqu^à hii; il m'a comblé de ses faveurs- 3> Mes malheurs touchent à leur terme , et » à qui le dois-je ?...• à un ange.
» — A un ange ! répète Arthur. Sans B doute , à la belle Izolette ? ^
M — Non, seigneur, reprend, le vieillard » avec un feu extraordinaire : Théritière de » Montolin est , il est vrai , la bonté même ; D mais ce n^est qu'une femme accomplie; » et celle qui m^a secouru, ceDe qui m'a >i protégé , est si parfaite , si sublime , qu'il » n^est point de mots ni dans la langue de » la reconnaissance ni dans celle de l'en- » thousiasme qui puissent en oflrir l'image, n
Il dit ; ses yeux baignés de pleurs et son énergique langage ont fortement ému le comte; son étonnement s'est accru. « — Vieilli lard! nomme2>-moi, reprend -il, votre )) admirable bienfaitrice. Qui donc est-elle ?
» — V Étrangère. »
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Arthurs^assiedprès du soldat. « — Confiezj> moi vos infortunes , vous m^intéressez vi- » vement.
n — Seigneur, lui répond Tinconnu, vous » paraissez sensible et bon.... comme celle » quim^a sauvé; je dois me rendre à vos » désirs. Les vieux guerriers sont discou- » reurs , ils aiment à raconter les anciennes » batailles où ils se trouvèrent ; ils se com- » plaisent à les décrire ; mais ils fatiguent la )> jeunesse. Je n^ai plus , d^ailleurs , de bien u présent à ma mémoire que TÉtrangère et » ses bienfaits ; je vous parlerai peu de moi » pour arriver plutôt à elle.
» Breton , né de riches par eus , je fus noi» blement élevé; mais les révolutions de » mon pays m^enlevèrent à la fois ma )> famille et mon héritage : j'espérais du » moins , dans les camps , trouver les hon- )) neurs et la gloire ; je n'en rapporte , pour
» tout bien , que la misère et vingt bles- 1) sures. Mes actions de bravoure , perdues » dans la foule, n^ont jamais été remarquées ; ï> et récuyer du sire de Montolin , souvent » vainqueur sans récompense , toujours » blessé en pure perte , ne demande plus » aujourd'hui, pour prix de ses services, )i qu'à mourir soldat inconnu dans un hosp pice militailre.
» Prisonnier dix ans des Anglais , j'ai ren couvre dernièrement ma liberté. Débar- » que sur les côtes de la Bretagne, je me » dirigeais vers Montolin pour y revoir mon » ancien chef et solliciter son appui auprès n du souverain de la Bretagne , quand des » brigands armés m'assaillent dans la forêt ; » je portais quelque argent sur moi , que je » devais à la pitié publique ; ils me l'enlè- M vent, ne me laissent qu'après m'avoir » frappé d'un coup de poignard...... et je