LIVRE
chanteresse de rimmorteUe de Vaucluse; c'était Pimage attendrissante de la réduse du Paraclet*
Son visage abattu et souffrant n^a plus ce brillant coloris du premier âge des amours ; mais 9 comme accompli par le temps , il n^en est q^e plus parfait : la douleur même Fem^bellit. En ses beaux yeux d^un bleu divin , tristes 9 voilés et languissans , parait errer la volupté que son ame ignore ou rejette ••• Ce ne peut être une vierge du hameau ; bien que simple et chaste en sa mise, elle a le maintien le plus noble. Ses vétemens sont légers comme' les draperies aériennes des Séraphins de Raphaël ; s^s mains sont blan* ches et délicates comme le duvet des jeunes cygnes ; ses mouvemens sont pleins d^harmorne comme le doux balancement des fleurs que le zéphyr caresse ; tout en elle est grâce , pudeur, séductions et sentiment. Penchée
y(5 l'étrangère.
CQntre une des pierres ide la fontaine , elle semble une statue de Finnocence offrant ses vœux à rÉtemel.
Le comte de Ravenstel approche. Elle relève languissamment son front y et tressaille à la vue d^Arthur. Ses yeux étaient mouillés de larmes ; maïs que leur céleste azur jetait
d'éclat sous Thumide voile des pleurs!
Elle se lève inquiète j et , sans proférer un seul mot, elle s'enfonce sous le bocage.
Arthur s'est élancé vers elle. Il l'a reconnue. C'est l'apparition merveilleuse du lac , c^'est la création angélique que son enthousîasme appelle ; c'est l'Etrangère calomniée dont il vient de jurer devant le ciel d'être le défenseur et l'ami. Poussé par un sentiment irrésistible 9 indéfinissable, « — Arrête I s'est-il » écrié. Jeune beauté ! pourquoi me fuir!.... » N'es-tu pas celle que je cherche!.... Ah!
»je le sens, mes prières sont exaucées, je