LIVRE II
)> prendrai place un jour dans les tiennes
» Grâce silencieuse ! réponds.
)) — Moi ! dit Finconnue en tremblant, et )) comme effrayée de sa propre voix. Moi!
)> je serais celle que tu cherches !•••• Tu ne )> sais donc pas qui je suis ?
» — Je tVi vue , tf est-ce point assez ! n reprend Fimpétueux Arthur, accoutumé à déployer librement ses sensations passionnées, u Pardonne à la fougue d'un premier » transport de surprise et d'admiration I..*. » Ce que me fait éprouver ton aspect est si i> nouveau pour moi, que, sans réfléchir, je n te parle. Je ne sais point taire mes pensées, }> et moins encore mes sentimens. Juge du » trouble des mes esprits par le désordre de > mon langage. »
Le regard éloquent d'Arthur avait une expression dangereuse à soutenir.... L'inconnue a baissé le «sien* <( — Insensé , lui répond-
» elle arec une sorte d^ëgarement , ne cède )> point à une impulsion trompeuse.... ; ne D viens point détruire mon repos ; éloigné- )> toi !.... je suis V Étrangère. »
Et ce mot a été pronouj^^é conmie s^il lui paraissait élever une étemelle barrière entre elle et les humains. Achevant d^essuyer ses pleurs , elle porte un regard craintif sur Arthur, lui fait de la main un signe d^adieu \ et belle comme ces chefs-d^œuvre que crée la nature lorsque le disputant au pinceau de l'imagination elle surpasse tous ses tableaux , la proscrite de la vallée veut s'éloi^ gner de la fontaine.
Mais Ravenstel a suivi ses pas ; il la retient par un des plis flottans de sa tunique.
« — Femme inconcevable ! dît-il, tu ne me jy quitteras point ainsi. Quel sombre langage » est le tien? toi qui m'^enchantes et m'alajhnes! » Nymphe exilée l un mot encore ! »