LIVRE m. . loi
veilles et fêtes au bord du lac de Moatolin.
La vive et légère Izolette^ semblable à la belle Atalante au milieu des chefs de FAchaîe^ s^enfonce gaiemejat dans les bois à la tête des jeunes chasseurs. Une housse de drap dW, étincelante de pierreries, est jetée, sur son noir destrier agile comme F Arabe du désert.
Entourée d'aune foule dVdmirateurs « écoutant chacun 9 souriant à tous , Tare à la maia et le carquois sur Tépaule, la Diane de Montolin fait tout oublier aux chasseurs ; et quand sa douce voix les attire , vainement le cor les appelle. *
^Le comte de Ravenstel se tient à Pécart.
Il la suit, Fobserve et se. tait. El^e est attrayante, sans doute; mais son esprit actif et mobile , ses. reparties gaies et piquantes , Finquiètent en Féblouissant. Cette gaieté fo^
iOS L^BTRANGERE.
làtre 9 cet apparent bésoiii des hommages , ce désir de charmer , Tont éloigné d^elle et Fattristent.
Il a quitté le cortège adulateur qu'elle traîne à sa suite ; fl a joint le baron de Valdebourg; et, tous deux, loin du bruit des chasses , échangent , contens Fun de Fautre , les paroles de l^mitié.
Douce amitié , sœur des vertus ! toi seule sais étendre la vie sans la reinplir par des orages ; ton charme est celui de Famour, mais dégagé des voluptés; tu ne donnés point j tu partages ; tes rayons échauffent sans brûler j ta voix guide et n'égare pas. La beauté est une faveur de la nature j la gloire, un présent de la fortune j Famitîé seule , un don dû ciel.
Le baron de Valdebourg est à Fâge mur de la vie. Sa taille est élevée ; sa démarche
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est fière } son œil est impérieux ; il est facile de remarquer en Tobservant , que 's'il s'est mêlé jadis parmi les hommes , c'était pour leur dicter ses ordres« L'habitude du pou* voir est restée tellement empreinte dans ses actions ef dans son langage ^ qu'il semble commander lorsqu'il prie , et triompher lors^ qu'il se ren4* A la fois vigilaiit et calme ^ il agit, calcule et prévoit avec la même habi«^ leté ; le baron , placé sur un trône , aurait eu cette puissance vivifiante des grande»
âmes qui, sans trouver de résistance^ or-^ donne aux hommes de se lever, aux siècles de marcher, aux événemens de se déployer^ aux destinées de s'accomplir.
Qu'Arthur était fier , lui, si jeune et si peu connu des grands de la terre , de s'être déjà gagné le cœur d'un homme si supérieur à ses semblables, et dont tous ies chefs pUi»sans de la contrée avaient en vain ambi-*
tionné Taffection ! Avec quelle attention il récente ! avec quelle chaleur^ il lui parle ! Comme il se sent meilleur et au-dessus de lui-même, en. lui développant ses opinions !
Sans un ^mî véritable à qui Thomme puisse s'ouvrir, ses pensées informes et sans yie meurent avortées dans leur germe. Le sentiment veut la parole ^ bien qu'il se complaise au silence. Les sensations s'épmrent et les idées se fécondent en se communiqpant d'une ame à l'autre. Pour qu'un coeur se goûte lui-même , il faut qu'un autre cœur l'entende. En amitié comme en amour, il faut deux êtres au bonheur.
Le baron de Valdebourg s'était imposé le silence le plus absolu sur les premiers temps de sa vie ; aussi un voile épais couvrait ses destinées passées. Cependant des bruits accrédités vantaient partout ses exploits guer-