‹ L'étrangère (volume 2)Chapitre 47 sur 93 · LIVRE nié · texte numérisé non relu

LIVRE nié

h recevra ? le malheur ; qu'en rapporleras- » tu ? des larmes.

» — Eh quoi ! nul cœur , volant à'toi , ne » peut-il calmer la souflrance,ne peut-il » chasser le malheur , ne peut-il essuyer les » larmes ?...

» — Non 9 jamais ; nul pouvoir humain ne » saurait adoucir mes peines.

» — Mais tu fus heureuse autrefois ? »

A cette sorte d'interrogation , le visage de ITÉtrangère a changé d'expression. Ses souvenirs l'ont bouleversée de nouveau; et le même égarement qui s'empara de ses esprits à sa première entrevue avec Arthur décompose encore ses traits.

« — Heureuse autrefois!., répond-elle. Ah!

» je ne le fus que trop. Tout ce que la for- » tunea de trésors, tout ce que la nature a » de présens , tout ce que la jeunesse a de » joies et la gloire d'enchantemens, je l'ai

» possédé sur la terre ; mais 9 écartant les » nuages d'amour et d'ivresse tpxi m'entou** » raient ^ la feutalité t0nt-*-à-*oonp , speetre )> éroqué par les furies , renversa le temple » ou jMtais montée , changea Tenoens en » vapeur fétide, dessécha les fleurs sur mon a fiTOQt 9 et bridant la plante orgueilleuse , » la jeta , flétrie , loin de sa tige 9 sur la terre ,. de Vétrmgev. -

( A ces m0t$ 1 la téta baissée , elle reste ah^ttiue >soas }e poi(l$ de ses doiilow*euses pensées ; pnis soudain reJie^aQt squ fi^nt :

« -^ 4i'thur !.•- w reprend-elle avep 'Calinç et d^un ton rem^i dç douceijir, « pjaj[ps-n;ipi, » tu le peux..., j'y conseils;, mais nç c^erch^ w plus il me voir. >»

Elle; dit ; son lacçent plein d'expression , le nom di Arthur sorti pour la première fois, dp sa bouche ^sa prière simple et touchante, 9 son regard plaintif et tendre -, ont comme

uvR£ m. . iâ3

verse danslesein de Bayenstel fout ce boire amoureux (i) des fées auquel uul preux ne résistait. Touche de la plus vive ceii}passion) enivré de la {dus ardente flamme , il ne peut eantenir plus long-temps les fougueux transports de son ame.

• A -^ Belle Infortunée ! s'écrie^t»il, po«ir<{uoi i> désespérer du sort ! Une aurore a pu être )) sombre , et le plus beau jour |>eutia sui«- -» yre ; tu ne m^as 'point repoussé d?abord , )) tu ne le peux plus maintenant* Il te faut I» un bras pour tVppuyer , un cœiir pour » te chérir V une voix pour te défepdre^ je Vf: m^attacfae à tes pas , et te soutenant de )) toutes les forées de ma vie , je te sawrerai » de toinméme. CTest )e eiel qui ni^envoie à

t» ton aide Une sympathie réGiproq>»^,

» un appel involontaire j une puissance -îr*-

(i) Voyoz «^r le boire aifioureux , si célèbre aui^ «temps chevaleresques , les œuvres^de Tressan.

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» rësistiblje nous a Tun vers Tautre pousses* n Je Fai juré , je suis à toi. Uange de tes pre- » miers^beaux jours ne tV délaissée qu^un » instant ; il .revient , il t^amène Arthur.

» — Grand dieu ! » dit FÉtrangère atteurdrîe et presque étouffée par les pleurs , « il » est donc un cœur sur la terre qui s^intéresse » encore à moi ! je pourrais verser d^autres » larmes que celles du désespoir !.. Arthur ! » tu m^offires ton appui ; mais si rejetée par » les hommes j Vtais indigne de pitié ! si de » criminelles erreurs avaient déshonoré ma » vie j que ferais--tu ? que dirais-tu ?

}) — Je te tendrais eneore la mâin.y je te » dirais encore : <c Je t^aime. »

Et ces mots dictés par Fentraînement de Famour ont été prononcés avec. toute Firré-r flexion de Fenthousiasme.

Alais se couvre le visage ; elle cherche à cacher Fexcès de son émotion. « — Généreux

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