LIVRE III
» — Je le crois , j^en suis convaincu ; mais » n'allons pas voir 1 Etrangère.
„ — Que ferons-nous ? dit Izolette.
» — Nous sommes seuls ; répond Arthur , » demeurons ensemble et causons.
» — J'y consens ; mais le pourrons-nous ?
» — Izolette ! vous pouvez tout.
)) — Je le voudrais, » lui répond-elle , et la vierge soupire encore.
Après quelques instans de marche, Izolette, peu accoutumée aux sombres méditations , cherche à recouvrer sa gaieté. <( — Allons , » dit-elle en souriant , à la fontaine de la » Madone ; ses eaux passent pour merveil- )) leuses. Selon de vieilles traditions, elles » rendent le cœur sensible. Arthur, je vous » conseille d'en boire.
» — Et vous , Izolette ?
» — Je n'çn ai pas besoin.
l46 L^éTAAJNGERE.
)) — Mais pour moi , vous êtes certaine...?
» — Arthur , lorsqu'il s'agit de vous > je ne » suis certaine de rien ; je vais jusqu'à dou- )> ter de moi-même. .
» — J'aperçois d'ici la fontaine , dit Ra- » venstel. Guidez-moi, donnez^-moi l'exem- » p!e ; et venez boire la première à la )> source qui fait aimer.
» — Le désirez-vous vraiment , Arthur ? »
reprend lentement Izolette , en faisant succéder au ton badin de la gaieté l'accent tendre du sentiment ; «t. est-il vrai ? le dési- )) reï^-vous ? ».
Le loyal Arthur a pâli, n — Pourquoi, ré^ » pf>nd-il en tremblant, pourquoi cette » étrange question ?
)) — ^ Et vous , dit vivement Izolette , pour- » quoi ce trouble extraordinaire ?
)» — Vous parlez-.*, coixti^u/s Arthur ^ et )> mon esprit ne. peut expliquer....