LIVRE IV. ft
pagne. Quelques arbres y sont plantés , et couvrent de leur paisible ombrage une terrasse garnie de fleurs. Là s^élèvé un pavillon simple et quarré , de structure moderne. La façade en est élégante ; les salles intérieures sont meublées ayec goût et richesse : c'est un asile plein de charmes.
Les deux amis se sont tendrement embrassés , et déjà les secrets d'Arthur sont confiés à Valdebourg.
« — Eh quoi ! dit le baron surpris ; à peine » arrivé sur ces bords , vous aimez ! et qui ? » l'Etrangère !
» — La connaissez-vous ?
» — Non , Arthur ; mais est-il possible que » vous puissiez préférer une inconnue sus- » pecte et méprisée à la belle et pure Izo- » lette. Songez que la vierge de Montolin M vous est destinée pour épouse , et que vous « lui devez
» — Je ne lui dois rien , interrompt le » comte de Ravenistel. Le mariage projeté » par sori père n^a point encore eu rila sanc- )) tion. Je tfai promis de conduire Izolette ^) à Tautel qu^après avoir assez vécu près » d^elle pour m^être assuré qu'elle ferait mon » bonheur. Je suis libre , rien ne me lie ; et « ce nVst point elle que j'aime.
« — Quoi ! vous , Arthur , dont j'ai vu le w cœur enthousiaste ne s'enflammer que |)our 1» l'honneur , n'être épris que de la vertu , » vous quittez déjà les droits sentiers , vous » prenez les routes impures ! et c'est pour M une fille proscrite , qui n'a ni biens, ni rang y » ni nom, qu'a flétrie l'opinion publique, » que s'allument vos premiers feux !
)* — Ne la jugez point sans la voir ; ne la ») condamnez point sans l'entendre. Toutes » les apparences sont contre elle, je le sais; ;> mais , Valdebourg ! ne me refusez point la