LIVRE V. i8g
aime d^^elle , mais il se croit certain du moins de Pavoir intéressée. Uamour, ce tourbillon violent qui s^empare de toutes les facultés humaines pour les porter d^un seul côté ^ les diriger vers un seul but , et les tenir sur un seul point , Famour absorbe tout son être :
impétueux courant, il Fentraîne.... Où vat-il ? où le conduit-il? Hélas ! vers un abîme peut-être.
Le mystère qui environne Alaïs nVpou-
vante plus son esprit. — « Non , se disait-il
) à lui-même , elle n^est point rejetée de la
> Providence ; c'^est son imagination frap- ) pée qui , dans un instant de délire , acca- ) blée par Fexcès des maux , a conçu cette
horrible idée. Une clarté divine brille en
> ses yeux obscurcis par les larmes ; elle est
> pieuse et bienfaisante ; exilée de sa terre
> natale, elle a le ciel encore pour patrie*
» Une ame belle , sensible et généreuse 2» comme la sienne, est restée pure dans seser- >* renrs, à supposer qu'^elle en ait eu. Lorsque n les rayons du soleil, égarés sous de noirs >» ombrages, ou brisés dans Teau d'^un marais, » perdent leur éclat primitif, en cessent-ils >» moins un instant dVmaner de Tastre du » jour! »
Mais que Valdebourg lui est devenu odieux ! Plus il Faima , plus il le hait. Dans tout ce qui s^est passé devant lui au bocage entre Alaïs et le baron, que de sentimens incompréhensibles ! que de discours contradictoires î que de choses inconciliables! Arthur, perdu dans ce dédale, n^ veut plus porter ses pensées. Ce, qui seul lui parait clair et positif, c^est que Valdebourg- désormais sera un constant obstacle à son amour et à son bonheur ; il ne voit plus en lui qu^un rival.