‹ L'étrangère (volume 2)Chapitre 79 sur 93 · LIVRE V. aoi · texte numérisé non relu

LIVRE V. aoi

leraient-ils pas en lui! ses souvenirs sont pleins d^afironts.

« — JVi une épée, je suis armé, se répète » Arthur à lui-même. Quelle est la crainte » qui m'arrête?.... Mourir, que mWporte » aujourd'hui. Des tourmens , des larmes de » plus, voilà les seuls bienfaits du temps.

w Pourquoi nHrais-je point démasquer et )) punir le traître! Non, je ne puis ni ne dois )> vivre de Fair qu'il respire. Cep est fait ! )> mes sanglantes pensées de vengeance et )» de mort ne retourneront point en arrière.

n SiValdebourg doit remporter; mourons!

)> je ne sais point souffrir. »

Deux fois, depuis la scène du bosquet, une aurore nouvelle avait éclairé la nature.

Arthur, sorti du castel, traverse le lac de Montolin. L'astre du jour avait disparu au couchant derrière un groupe de nuages

iK>2 L^ETRANGBRE.

d^or ceints d'aune auréole de pourpre. On ,eût dit à la vue de ce reste de splendeur que , pour consoler la vallée de son départ, le dieu de la lumière avait laissé derrière lui pour ipielques instans, Fun de ses vêtemens radieux.

Arthur est débarqué sur la rive , auprès de la maison isolée. Il marche à grands pas vers le bocage ; en lui , tous les mouvemens de la vie sont brusques et accélérés. Que va-^-il dire à FEtrangère?.... Il se la rappelle non telle qu^Olburge la peint, mais telle qu^elle s^offrit à ses yeux , pour la première fois , à la fontaine révérée , aux pieds de la sainte statue. San doux parler, son regard Angélique, scm, chaste sourire, sa grâce plus touchante encore que ses charmes, se présentent à sa pensée entourés de tous leurs prestiges. Il s^arrête , il est désarmée

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