LIVRE V. 2o
K — Oui^ se dit-il, je suis trompé. Mais » quels sont les perfides qui m^abuserit? Les-
)) quels ? Olburge ou FEtrangère ? Quelle
» nuit obscure mVnvironrie ! Je suis seul de^ }i vant la douleur. Pas un conseil ! pas un )> ami ! Au milieu des afflictions , pas une )> voix consolatrice cfai puisse me dire : Cou- » roffe! »
Mais au milieu de ses transports de fureur et de jalousie , son cœur sensible et géïié-^ reux lui parle encore pour Valdebourg. Sa bonté naturelle perce à travers ses violences. TeDes aux jours d'un brûlant été , les nuées orageuses qui courent chassées par les vents, s'ouvrent et laissent voif par ifttertalles le fond aiuré d'un ciel ptfr.
Tout-à-coup il aperçoit une villageoise se dirigeant vers la fontaine ; il Ta reconnue , c'est Nicette. ïl s'empresse de ja joindre^
2o4 L^ÉTRANGÈRE.
L'^orpheline , constamment auprès d^Alaïs^ instruite par ses soins et douée d'une imagination vive, a un langage plein de naïveté dont le charme est inexprimable. Ses expressions sont choisies, et ses pensées sont gracieuses. Heureuse rencontre pour Arthur ! il va parler de PEtrangère.
« — Nicette ! approchez , lui dit-il. Vous )> m'avez vivement intéressé Fautre jour par ï> le récit de vos malheurs, et je désirais vous » revoir. Je suis le comte deRavenstel. J'aime )) à soulager l'infortune.. Pour vous que puis- » je faire ? Parlez !
M — Seigneur! je vous l'ai dit déjà, rien » ne me manque plus aujourd'hui; je n'ai )> besoin d'aucun secours , et je ne forme plus )» qu'un seul vœu, celui de pouvoir contri- )) buer à calmer les tourmens de ma bien— » faisante maîtresse.
)) — La trouverai-je à sa demeure?