‹ L'étrangère (volume 2)Chapitre 81 sur 93 · LIVRE V. 2o · texte numérisé non relu

LIVRE V. 2o

)» — Oui, seigneur.

» — EDe est seule ?

» — Non. ))

Le comte frémit à ce mot comme à Tannonce d'un désastre; il poursuit d'un air inquifet.

« — Et qui donc est chez TEtrangère ?

» — Le haut baron de Valdebourg.

» — C'est son ami ?

» — ,0h! oui, seigneur. Sa vue adoucit » toutes ses peines ; le ciel a enfin pris pitié )i d'elle en lui envoyant un consolateur; }> puisse-t-il ne plus la quitter ! Quand il lui )i parle , elle cesse de pleurer ; quand elle » l'écoute , elle sourit. Il paraît si noble et si )) bon. Ce digne protecteur

M — Il suffit , interrompt Ravenstel d'une » voix tonnante ; je ne vous ai point chargée » de me faire l'éloge de cet homme. Il est

2o6 l'^etrangère.

)> digne d'acné sans doute.... Je sais ce qu'ail

» est, ce qu'ils sont, w

Puis voyant Textrême surprise de Nicette à ce langage extraordinaire, il a radouci son accent; mais ses esprits sont en désordre, et il continue en ces mots :

« — Nicette! je vous remercie Cest à

» merveille; je suis satisfait... Par^là, n'est-ce )) pas sa demeure? J'aime aussi beaucoup

» l'Etrangère; oui, beaucoup. Tu disais

» donc qu'ils sont enseinble ?

» — Seigneur ! le baron

)> — Le baron, c'est cela même; où est- » il?.... Elle l'a cherché long-temps.... Je le

» cherche aussi à mon tour Où le trouve-

)) rai-je? »

Le visage irrité d'Arthur, son accent bref, ses mots hachés ont effrayé la villageoise.

<( — Seigneur comte ! lui répond-elle , si le a baron de Valdebourg....

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